Ile-de-France: «Crise économique», «changement de comportement», les Franciliens jettent moins

ENVIRONNEMENT Selon les derniers chiffres publiés par l’Ordif (Observatoire régional des déchets), chaque Francilien a produit 462 kilos de déchets ménagers en 2013. Un chiffre en baisse…

Romain Lescurieux

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La déchèterie du Blanc-Mesnil
La déchèterie du Blanc-Mesnil — R.LESCURIEUX

Une femme ouvre son coffre à toute vitesse et en sort deux tabourets blancs maculés. Patrick, gilet orange sur les épaules s’avance vers la voiture, et ausculte les sièges sous toutes leurs coutures. Elles sont fendues. «C’est pour le container tout venant», lâche sur le plateau de la déchetterie du Blanc Mesnil (Seine-Saint-Denis), cet employé de la Ressourcerie 2Mains: Association du département qui collecte, valorise et sensibilise à la prévention des déchets.

Un Francilien a produit en 2013, 462 kg de déchets

Chaque année au Blanc Mesnil, 13.000 tonnes de déchets sont collectées. Principalement des gravas, des déchets verts et du tout-venant donc, comme l’ameublement et l’électroménager. Selon la dernière étude de l’Ordif (Observatoire régional des déchets) publiée fin mars, 66 kg par habitant ont été traités dans les déchetteries franciliennes en 2013, contre 65 kg en 2012. Un chiffre en très légère hausse, souligne l'Ordif, qui pointe que le reste des déchets produits par les Franciliens est quant à lui en baisse.

Ile-de-France: Portrait-robot de la poubelle francilienne

«Les ordures ménagères des particuliers continuent de baisser», se félicite Geneviève Wortham, présidente de l’Ordif, sur le plateau venteux de la déchetterie. Selon les derniers chiffres publiés par l’Observatoire, un Francilien a produit en 2013, 462 kg de déchets ménagers. C’est 11 kilos de déchets ménagers en moins qu’en 2012 et 45 kilos en moins depuis 2000. Les Franciliens jettent donc moins, notamment dans leur poubelle «standard», pour ce qui est des ordures ménagères résiduelles, produites quotidiennement. En cause, la crise économique et l’évolution des comportements.

«Il y a moins de consommation, donc moins de déchets»

«Il y a moins de consommation, donc moins de déchets. Et les gens trient de plus en plus, compostent les  déchets organiques et refusent de plus en plus les prospectus. Tout ça mis bout à bout commence à représenter un réel impact», analyse Jean-Marie Chaumel, de l’Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie). Geneviève Wortham surenchérit: «Les programmes de prévention ont permis un véritable changement des mentalités. Il y a moins de gaspillage car les ménages achètent davantage les bonnes quantités», explique-t-elle. Mais aussi grâce à des systèmes de réemploi pour les déchets plus occasionnels.

A l’instar des tabourets «recalés», Patrick «ne prend pas tout» pour le «caisson». Depuis 2013, 21 des 173 déchetteries fixes franciliennes – comme celle du Blanc Mesnil - ont mis en place zone comme celle-ci, dédiée au réemploi. Un grand coffre servant d’étape entre la déchetterie et les ressourceries ou recycleries du département. Ainsi, Près de 190 tonnes de déchets ont été réemployées en 2013, contre 47 tonnes en 2012. Et au Blanc-Mesnil, entre 10 et 15 tonnes ont été remployées sur les 13.000 collectées pour l’année 2013. Mais les chaises fendues, elles, n’auront pas le droit à cette seconde chance.