Anne Hidalgo à la mairie de Paris depuis un an: «Elle communique beaucoup, mais…»

POLITIQUE L’anniversaire, c’est dimanche. Mais les différents groupes politiques du conseil de Paris dressent pour 20 Minutes leur bilan de ce premier anniversaire dès à présent…

Fabrice Pouliquen

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La maire PS de Paris, Anne Hidalgo, le 4 mars 2015 à l'Hôtel de Ville de la capitale
La maire PS de Paris, Anne Hidalgo, le 4 mars 2015 à l'Hôtel de Ville de la capitale — Joël Saget AFP

Dimanche, Anne Hidalgo aura passé tout juste un an dans le fauteuil du maire de Paris. Pour quel bilan? «Elle devrait mettre en avant son obsession à mettre en œuvre tous les engagements pris pendant sa campagne», parie Carine Petit, maire socialiste du XIVe arrondissement.

Les autres familles politiques du conseil de Paris se gardent bien de faire des prédictions, mais tous livrent volontiers leur bilan de cette première année.

Médaille d'or de la communication

Sans surprise, pour Jean-François Legaret, maire UMP du Ier arrondissement, Danielle Simonnet,  élue mélenchoniste, ou Yann Wehrling, porte-parole du groupe UDI - MoDem au conseil de Paris, Anne Hidalgo n’a pas la moyenne. Ces trois élus de l’opposition se retrouvent sur un point. La maire de Paris communique beaucoup, mais cela sonne trop souvent creux. Ils prennent notamment l’exemple de la démocratie participative, concept cher à Anne Hidalgo. «Les budgets participatifs lancés pour l’instant ne proposent de voter que sur des projets sans enjeux», déplore Danielle Simonnet comme Jean-François Legaret. Ce n’est pas prendre au sérieux les Parisiens.»

Yann Wehrling cite un autre exemple: «le panel de citoyen créé pour recueillir l’avis des Franciliens sur la pollution de l’air en février dernier. Anne Hidalgo a beaucoup communiqué en amont et puis plus rien. Et pour cause, elle n’a pas tenu compte de leurs propositions.»

Des bras de fer manqués avec le gouvernement

Sur sa première année d’exercice, Anne Hidalgo aurait aussi manqué la plupart de ses confrontations avec le gouvernement, pourtant du même bord politique. C’est en tout cas l’avis de Nicolas Bonnet: «Elle aurait dû être plus ferme et mieux représenter les intérêts des Parisiens. Sur les baisses de dotation de l’Etat, la circulation alternée, le travail le dimanche…»  «Elle a perdu ses bras de fer», indiquent Danielle Simonnet et Yann Wehrling.

Une cohésion municipale conservée

Tout n’est pas noir pour autant. Anne Hidalgo s’est montrée habile pour nouer des relations à l’international. Surtout, elle s’est montrée globalement habile pour maintenir la cohésion de sa majorité municipale qui n’est, rappelons-le, que relative. La maire de Paris doit composer pour chaque décision avec les communistes et les verts. Pour l’instant, cette majorité reste soudée. Nicolas Bonnet, président du groupe communiste, estime avoir été entendu sur les questions de fiscalité et sur le dossier du logement. David Belliard, co-président du groupe écologiste, se félicite des avancées permises grâce au plan antipollution. «La gauche au gouvernement devrait prendre exemple sur nous», sourit Carine Petit.

Pourtant, cette cohésion reste fragile comme l’ont prouvé les dossiers de la tour Triangle et de la rénovation de Rolland Garros et le prouveront sans doute encore les dossiers des JO, des hôpitaux parisiens, la grève des équipements sportifs, la tour Triangle. «Les désaccords existent et à chaque fois que les discussions s’éternisent, Anne Hidalgo a tendance à vouloir passer en force sans plus écouter les autres», observe David Belliard.

Une mauvaise habitude chez Anne Hidalgo? L’opposition du centre et de la droite dit l'avoir noté en tout cas. «Trop souvent, elle lit ou parle à ses voisins lorsque l’opposition à la parole», déplore Yann Wehrling. «Bertrand Delanoë était peut-être autoritaire, il savait se montrer plus à l’écoute des partis», regrette même Jean-François Legaret.