Paris: Jeunes start-up désespérées cherchent recrues pour relation longue

NUMERIQUE Organisé par Cap Digital, l’événement How I Met My Startup se déroule ce jeudi. A cette occasion, une centaine de start-up en plein développement vont proposer des postes…

Romain Lescurieux

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Ce parapluie de béton qu'est aujourd'hui la Halle Freyssinet deviendra d'ici fin 2016 «le plus grand incubateur au monde», promet Xavier Niel. ?
Ce parapluie de béton qu'est aujourd'hui la Halle Freyssinet deviendra d'ici fin 2016 «le plus grand incubateur au monde», promet Xavier Niel. ? — V.Wartner/20Minutes

«Ce n’est pas toujours évident de recruter car nous avons moins de moyens et nous sommes moins connus qu’une grosse entreprise», témoigne Alexandre Benaim. A 27 ans, le co-fondateur de la start-up parisienne Snake Interactive, agence spécialisée dans le marketing digital, estime en effet que trouver la bonne personne pour un poste et la faire rester est «une difficulté et un vrai challenge». Et l’exemple de cet entrepreneur est loin d’être un cas isolé dans le secteur du numérique.

Pour y remédier, Cap Digital, pôle de compétitivité, réitère ce jeudi l’expérience «How I Met My Startup» pour la deuxième année consécutive. A cette occasion, une centaine de jeunes entreprises franciliennes et TPE en plein développement vont ouvrir leurs portes, afin de rencontrer leurs futures «perles», à travers des façons innovantes de recruter: Job Dating, Challenges Recrutement. Et proposeront, selon Cap Digital, 250 postes en CDD et CDI. Un moyen d’attirer et combler un manque. 

«Davantage d’opportunités de carrière dans les start-up d’Ile-de-France»

«Le numérique est un secteur en plein développement en France, mais reste celui où il y a, en moyenne, le moins de candidats pour un poste à pourvoir», déplore Patrick Cocquet, délégué général du pôle de compétitivité. Pas d’attirance, méconnaissance du secteur, pas assez de candidats, de personnes suffisamment formées, la carence est réelle et pesante. «Je manque principalement de développeurs, évoque Alexandre Benaim, d'une part parce qu'il y a une pénurie et d'autre part parce que les bons développeurs sont recrutés à prix d'or par les multinationales que nous ne pouvons concurrencer», détaille-t-il.

«Via notre événement, nous voulons démontrer qu’il y peut avoir autant voire davantage d’opportunités de carrière dans les start-up d’Ile-de-France que dans des grosses boîtes ou dans la Silicon Valley», affirme Patrick Cocquet. Mais sans service des Ressources Humaines, les jeunes entreprises font avec les moyens du bord pour recruter. «C’est ce qui fait aussi une start-up», rigole Nicolas Schueller, CEO et fondateur d’Adomik, start-up spécialisée dans les solutions d’optimisation aidant à la vente de publicités sur Internet.

Seule condition: «L’esprit start-up»

A la recherche d’ingénieurs, d’informaticiens, de data scientist ou encore de mathématiciens, Nicolas Schueller voit ainsi l’événement de Cap Digital comme une aubaine «Nous nous battons tous pour les mêmes profils, du coup, il y a pénurie», affirme-t-il. Lui, cherche actuellement entre six et dix personnes qui seront «aussi bien payées que dans une grosse entreprise», dit-il sans préciser le salaire exact. Et avec un objectif: «Qu’ils s'investissent pleinement dans la stratégie de la start-up et restent» dans son entreprise de 28 salariés. La seule condition à ce défi pour Patrick Cocquet, l’esprit start-up.

«Il faut la notion d’entreprenariat. Car c’est le dynamisme du candidat qui fera en grande partie la réussite de sa boîte. Mais c’est palpitant pour celui qui veut agir et voir son influence dans une entreprise», note-t-il, en espérant faire bouger les lignes du secteur.

How I met your start-up, c'est de 10h à 18h, ce jeudi. Les startups participantes ouvrent leurs portes toute la journée. Le programme est disponible par ici.