Candidature de Paris aux JO 2024: Les salariés français disent un petit «oui»

SPORT Un nouveau sondage interroge les Français sur l’opportunité d’une candidature de la capitale à l'organisation de l'événement sportif dans neuf ans. Le oui l’emporte, mais des craintes demeurent…  

Fabrice Pouliquen

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Un nouveau sondage, publié ce mardi matin, interroge les Français sur l’opportunité d’une candidature de Paris aux JO de 2024.
Un nouveau sondage, publié ce mardi matin, interroge les Français sur l’opportunité d’une candidature de Paris aux JO de 2024. — Roberto Schmidt afp.com

Le oui l’emporte, certes, mais il n’est pas massif. Un nouveau sondage, publié ce mardi matin, interroge les Français sur l’opportunité d’une candidature de Paris aux JO de 2024. Il est réalisé par l’Ifop à la demande de la Fédération française du sport en entreprise (FFSE) et s’est intéressé à l’avis des salariés français. 1.087 personnes ont été interrogées début mars, dont 21,5% de salariés franciliens.

65% des sondés se disent favorables à ce que les Jeux Olympiques se tiennent à Paris en 2024. Dans le détail, 20% sont tout à fait favorables et 45% plutôt favorable. Des chiffres que veut mettre en avant Didier Besseyre, président de la FFSE. Mais ce soutien est moins massif que pour les candidatures de Paris aux dernières olympiades. 82% des Français (pas seulement les salariés) étaient favorables à la candidature de Paris au JO de 2008 selon une enquête Ifop d’avril 2001. Surtout, pour 2024, «les Franciliens sont moins favorables que les provinciaux à cette candidature», note Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop.

Des impacts positifs reconnus

Pourtant, les personnes interrogées reconnaissent bien volontiers les impacts positifs qu’auraient ces JO. «Ils estiment à 91% que l’événement doperait l’activité touristique en France, à 83% qu’il permettrait la construction ou la rénovation d’infrastructures comme les routes ou les transports en commun, à 73% qu’il serait créateur d’emploi ou encore, à 58%, qu’elle bénéficierait à la croissance économique de la France», commente Frédéric Dabi. Et ces impacts ne seraient pas seulement économiques. Une majorité des sondés voient dans les JO l’occasion d’améliorer l’image de la France dans le monde (79%), le sentiment de fierté nationale (77%), le moral des Français (67%), mais aussi la cohésion nationale (60%).

La crainte du dérapage financier

Mais les craintes persistent. Le dérapage financier en particulier. Il est cité par 74% des sondés parmi leurs deux principales craintes dans l’organisation des JO à Paris. 57% la classent même à la première place des risques encourus. «Ils ont en tête la ruine de Montréal (1976) ou Athènes (2004) après l’organisation des Jeux Olympiques, ou même les difficultés financières rencontrées par Londres après les JO de 2012», reprend Frédéric Dabi. Après le coût financier, viennent le risque d’attentats (cité par 43% des sondés), les perturbations sur les routes ou dans les transports (25%), les débordements et violences entre spectateurs (21%) et les nuisances engendrées par les travaux de préparation des JO (21% également).

Juste la piscine et le village olympique à construire

Jean-François Martins, retient tout de même du bon à ce soutien qui manque de conviction. «Nous sommes peut-être moins dans une passion extatique et béate de la population comme ce fut le cas pour les précédentes candidatures, note l’adjoint d’Anne Hidalgo en charge des sports. Mais nous sommes dans une envie rationnelle et lucide sur les enjeux de ces JO.»

Sur le coût financier, Jean-François Martins se veut rassurant: «Nous  avons déjà l’essentiel des grands équipements sportifs pour accueillir ces JO. Le stade de France, Jean-Bouin, Bercy, le vélodrome de Saint-Quentin, Roland-Garros… Nous n’aurions à financer qu’une piscine et le village olympique. Nous sommes capables d’avoir une candidature qui dépense le moins d’argent public possible.» Anne Hidalgo a jusqu’à juin pour déclarer la candidature de Paris à ces JO.