Essonne : Écarté par sa formation, Georges Tron se voit tout de même président du déparement

POLITIQUE Ceci malgré le vote des conseillers départementaux de l'UMP, de l'UDI et de divers droite qui ont choisi ce lundi matin François Durovray comme leur candidat officiel à la présidence... 

F.P. avec AFP

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Jeudi, Georges Tron entend présenter sa candidature à la présidence du conseil départemental de l'Essonne.
Jeudi, Georges Tron entend présenter sa candidature à la présidence du conseil départemental de l'Essonne. — Kenzo Tribouillard AFP

Georges Tron ne lâche rien. Contacté par le journal Le Monde, l'ex-ministre mis en examen pour viol et agression sexuelle de deux anciennes salariés (il s'est pourvu en cassation), a affirmé qu'il briguera la présidence de l'Essonne contre le candidat «officiel» de l'UMP. Une information confirmée par l'AFP peu après 17h30 ce lundi qui précise que Georges Tron entend aussi «démissionner de la présidence de l'UMP dans le département de l'Essonne» pour être «libre de son expression»..

Le maire de Draveil va ainsi à l'encontre du vote, ce lundi matin, des 28 nouveaux conseillers départements de l'UMP, de l'UDI et de divers droite élus dimanche soir. Réunis à Evry, ils avaient désigné François Durovray, maire de Montgeron et élu dimanche soir sur le canton de Vigneux-sur-Seine pour être le patron de l’Essonne pour les six prochaines années. Au troisième tour, il a reçu 15 voix contre 12 pour Tron. 

«Etonné voire même choqué»

Dominique Echaroux, élu UMP dimanche soir dans le canton de Dourdan, se dit du coup «étonné voire même choqué» par le revirement de Georges Tron. «Nous nous étions tous engagés pendant la campagne à soutenir sans état d'âme le candidat que le parti choisirait pour la présidence du conseil départementale, poursuit Dominique Echaroux. Pourtant, en sortant de la réunion, Georges Tron disait qu'il allait respecter cet engagement.» «Ce n'est pas le bon signal envoyé à la population, poursuit-il. Je n'ai pas eu Georges Tron au téléphone depuis ces nouvelles déclarations.»

François Durovray, aussi, se dit surpris. «D'autant qu'il [Georges Tron] a annoncé devant 26 personnes que le débat avait eu lieu, qu'il s'était bien passé et qu'il se rangeait à la majorité, a expliqué à l'AFP le maire de Montgeron. «Ce vote ne remettait en outre pas en cause les compétences de Georges Tron, une personne brillante, ajoute Dominique Echaroux. Mais bien sûr que ses ennuis judiciaires ont pesé dans la balance. Beaucoup de votants ont dû estimer que sa nomination à la présidence du département faisait perdre l'Essonne en crédibilité.»

Ses ennuis judiciaires ne l'empêchent pas de briguer le poste

Mais Georges Tron pourra-t-il seulement briguer le poste jeudi prochain? Sur le plan politique, le maire de Draveil semble avoir trouvé la parade. Il envisage tout simplement de «démissionner de la présidence de l'UMP dans le département de l'Essonne», afin d'être «libre de son expression».

Ses ennuis judiciaires ne l'empêchent en rien non plus de viser la présidence de l'Essonne. La cour de cassation doit se pencher ce mercredi sur la décision de renvoyer ou non l’ex-ministre de Nicolas Sarkozy devant la cour d’assises. Mais quel que soit la décision de ce mercredi, Georges Tron pourra prétendre à la présidence du conseil général de l’Essonne. «La cour de cassation se prononce uniquement sur l’instance judiciaire qui devra juger Georges Tron, précisent les avocats Marc Bellanger et Delphine Kurst, tous deux spécialiste du droit public. En attendant le procès, il reste présumé innocent.»

Et même si la cour de cassation le renvoi devant une cour d’assise, « il faudra fixer la date du procès, Georges Tron pourra faire appel et il y a là encore un pourvoi possible en cassation, précise Marc Bellanger. Bref, le jugement peut prendre plusieurs années et être prononcé même à l'issue de son mandat.