Les Gobelins, la tradition dépoussiérée

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C'est tout un coin chargé d'histoire qui rouvre demain au public. La Galerie des Gobelins, fermée depuis trente-cinq ans, n'est que la partie immergée d'un ensemble, dont la manufacture du même nom, qui recèle des trésors du patrimoine français. Ici, depuis quatre siècles se perpétue une activité de tapisserie : vingt-six « lissiers » réalisent, d'après tableaux et selon une technique inchangée depuis le XVIIe siècle, des tentures commandées par l'Etat. Une tapisserie, dont la taille varie de 6 à 50 m2, demande jusqu'à trois ans de travail. « Chaque année, nous pourrons enfin présenter nos douze pièces "tombées de métier" », se réjouit Arnauld Brejon, directeur des collections. L'exposition qui ouvre demain dévoilera également les quinze tapisseries de la Tenture royale d'Artémise, commandée par Henri IV et dont une partie avait disparu en Angleterre. « C'est la plus belle création française du XVIIe siècle, et même Louis XIII ne l'avait jamais vue dans sa totalité », précise-t-il.

La réouverture de la Galerie permettra aussi de présenter les collections du Mobilier national, le garde-meuble de l'Etat, qui conserve, répare et entretient un fond de 100 000 objets d'ameublement. Depuis 1964, ce dernier passe également commande aux designers contemporains. On pourra par exemple découvrir des « fauteuils de haute personnalité », réalisés pour les cérémonies du 14 Juillet 2000, ou une table et un luminaire nomades, destinés à suivre les chefs d'Etat dans leurs déplacements.

Interrogé sur les éventuelles commandes que le nouveau chef d'Etat pourrait passer au Mobilier national, son administrateur Bernard Schotter répond avec une grande réserve : « Nous sommes à sa disposition. » La continuité a jusqu'ici prévalu. Chirac, Mitterrand et Pompidou avaient tous adopté le même bureau que de Gaulle, dessiné par Charles Cressent... au XVIIIe siècle.