Paris: Face à la grève dans les équipements sportifs, des clubs «au bord du dépôt de bilan»

SPORTS La grève qui impacte les équipements sportifs chaque dimanche depuis un an va s'étendre aux mercredis, et mettre un peu plus encore les clubs en danger...

Romain Lescurieux

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Une équipe de rugby. Illustration
Une équipe de rugby. Illustration — SIPA PRESS

«Nous sommes au bord du dépôt de bilan», insiste auprès de 20 Minutes le club de judo Paris Centre, qui s’entraîne au gymnase Suzanne Berlioux, dans le 1er arrondissement. Mais comme de nombreux autres équipements sportifs parisiens, ce centre est fermé le dimanche depuis un an. Les agents grévistes de la Direction de la jeunesse et des sports (DJS) réclament toujours une revalorisation de leur prime dominicale et n’ont pas hésité à étendre le mouvement aux samedis. Et dès le 1er avril, aux mercredis. Au risque de mettre en péril des associations sportives.

Grève dominicale dans les stades et piscines, un mouvement sans fin?

«Des adhérents commencent à demander le remboursement de leur cotisation. En même temps, nous supprimons des créneaux, nous ne savons plus où mettre nos sportifs et nous continuons de payer des professeurs. Avec l’extension de la grève le mercredi, nous allons mettre la clef sous la porte», peste le club, qui annule aussi compétition sur compétition. La ville, elle, a décidé d’enrayer le mouvement.

Le «seul objectif de l’intersyndicale est de mettre à mort les clubs»

«La situation démontre que l’intersyndicale est dans une démarche de désorganisation et procède à une attaque en règle des clubs», détaille Jean-François Martins, adjoint à la maire de Paris en charge des sports. Leur seul objectif, selon lui: «Les mettre à mort». «Mais nous ne les laisserons pas faire», poursuit-il. La Mairie de Paris va ainsi mobiliser des agents vacataires, sur la base du volontariat, en complément du redéploiement de ses personnels non-grévistes qui travaillent le week-end. «Cette mesure permettra l’ouverture des équipements sportifs parisiens, le mercredi et le week-end. Et sera mise en œuvre à partir du 28 mars», indique la ville.  

«C’est une réponse tardive et je ne sais pas si c’est la bonne solution. Ce qui est certain, est que si les grévistes s’attaquaient aux créneaux scolaires, le problème serait plus vite réglé», dit Serge Mercier, président du Comité des Offices municipaux des sports, évoquant tout de même le besoin d’action face «aux multiples remontées de club évoquant ces difficultés sportives et financières».

«Nous dépensons beaucoup de temps, d’énergie et d’argent»

Natation, GRS, rugby, volley-ball… De nombreux clubs de la capitale tentent en effet de s’adapter à cette grève. Mais plus le temps passe, plus les difficultés se font sentir. «Nous déplaçons des matchs, nous les échangeons, nous les reportons. Mais nous dépensons beaucoup de temps, d’énergie et d’argent en payant des cars pour jouer ailleurs. Maintenant avec l’extension au mercredi c’est la catastrophe, ça va mettre en péril les entraînements», souligne Jean-Michel Constant, directeur délégué du Sporting Club universitaire de France. D’autres misent sur «l’esprit sportif».  

«Il y a deux semaines, nous avions uniquement accès au terrain. Pas de vestiaires, pas de point d’eau. Pourtant ce jour-là, nous accueillions une compétition. Heureusement que nous avons reçu des adversaires qui ont compris et accepté ces désagréments, mais ils auraient pu nous pousser à déclarer forfait, considérant qu’on ne remplissait pas le contrat», affirme Gilles Soetemondt, dirigeant des jeunes de l’équipe de rugby CSM Finances.

De son côté, l’intersyndical n’entend pas abdiquer. «Ce qui arrive aux clubs n’est pas de notre faute. Certains ne comprennent pas qu’il y a un à un ras-le-bol. Après, nous ne sommes pas contre eux mais contre la Mairie et nous invitons les associations sportives à monter au créneau avec nous», expose Xavier Monrose, porte-parole de l’intersyndicale, en précisant être prêt à aller plus loin dans la grève. «Toute la semaine s’il le faut», ajoute-t-il.