Bus: Paris fait entrer ses abris voyageurs dans l’ère numérique
TRANSPORT L’inauguration du premier abri doté d’un écran tactile de 32 pouces contenant des applis ludiques ou pratiques a lieu ce lundi…
Plus de 330 millions de voyages sont effectués chaque année sur le réseau de bus de Paris. Pour, sans doute, autant de minutes passées à attendre sous l’abri voyageur. Pour rendre cette attente plus plaisante et offrir une meilleure information aux usagers, la Ville de Paris profite du renouvellement de ses 2.000 Abribus pour les faire entrer dans l’ère numérique.
Ce lundi à Bastille est inauguré le premier abri voyageurs «intelligent», doté d’un écran tactile géolocalisé de 32 pouces. «Les gens se servent déjà de leur smartphone pour se repérer, reconnaît Jean-Louis Missika, adjoint chargé de l’urbanisme à la mairie de Paris, mais parfois il y a besoin d’un écran plus vaste, par exemple pour les itinéraires ou les services de proximité.» Cent des 2.000 nouveaux abris seront équipés de l’écran, qui proposera plusieurs applis: carte interactive, infos culturelles, localisation de tel musée ou de telle station Vélib… «Il y aura aussi des applis de quiz, indique Jean-Louis Missika. On s’est rendu compte pendant la phase d’expérimentation de l’écran que ce sont elles qui remportaient le plus de succès.»
Un abri spécifique pour chaque emplacement
Une phase d’expérimentation qui a occupé JCDecaux, chargé du projet, pendant plusieurs mois. Après avoir installé trois écrans tactiles tests, l’entreprise a étudié quelles applis étaient les plus utilisées ou combien de temps les usagers passaient devant l’écran. Parmi les applis disponibles dès lundi, on trouve Green Raid, qui indique les bons plans «locaux et écolos» de chaque quartier. Sa conceptrice Karine Niego raconte la course, passionnante mais effrénée, qu’a été l’adaptation de son appli pour le format si particulier des écrans d’abris voyageurs. «Il a fallu s’adapter au format et aux usages, qui ne sont pas les mêmes selon qu’on est mobile ou sous un abri, qu’on connaisse l’appli parce qu’on l’a installée soi-même ou qu’on la découvre en attendant le bus. Comme on estime à 1min20 le temps passé devant l’écran, il a fallu simplifier au maximum!»
Le travail sur les abris voyageurs eux-mêmes, lui, n’est pas terminé. «On en a déjà installé 850, indique Albert Asseraf, directeur général stratégies chez JCDecaux. En ce moment on en installe une cinquantaine par semaine.» Et attention, l’installation ne se fait pas bêtement. Chaque emplacement a fait l’objet d’un «diagnostic urbain»: en gros, pour chaque abri, une équipe a analysé la place disponible, les aménagements nécessaires par exemple pour l’accessibilité des poussettes et fauteuils roulants, etc. Au total, plusieurs dizaines de configurations sont possibles, et chaque abri sera différent du voisin, intégré au mieux sur son trottoir ou dans son coin de rue.
On n’oublie pas l’écologie
Seuls 100 seront dotés d’un écran tactile, mais tous bénéficieront d’améliorations: chargeur universel pour portables, écran d’informations voyageurs plus grands et repris sur un poteau placé près de l’abri, plan du quartier «orienté dans le sens de la rue pour une meilleure visibilité»… Année de la Conférence climat oblige, l’aspect vert a aussi été prévu, avec une consommation électrique par abri réduite de 35% et des toits végétalisés ou dotés de panneaux solaires pour 150 d’entre eux.
Et les anciens abris, alors? Ils seront «démontés et pour la plupart réutilisés», promet-on. Et a priori, vite oubliés.