Paris regarde au centre pour les législatives

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Au vu des résultats de dimanche dans la capitale, où Nicolas Sarkozy a devancé Ségolène Royal d'une très courte tête (50,19 % contre 49,81 %)*, les élections législatives de juin devraient se jouer au centre de Paris. Politiquement et géographiquement. Car les batailles les plus serrées ont été menées dans les 4e et 9e arrondissements, qui passent à droite, de peu (respectivement 72 et 383 voix d'écart avec le PS), alors que la gauche les avait remportés en 2001 et en 2004. Le 5e est, lui, favorable à la candidate socialiste à 540 voix près, malgré la présence d'un député-maire UMP, l'historique Jean Tiberi. Mais celui-ci, candidat à sa propre succession, ne s'inquiète pas pour son mandat. « Le 5e a une sensibilité de gauche depuis longtemps. Si j'ai remporté les précédentes élections locales, c'est parce que j'ai un apport personnel important », assure l'élu. Françoise de Panafieu, chef de l'UMP Paris et candidate aux législatives dans le 17e, confirme : « Il apporte sur son nom les 5 ou 6 % qui font basculer l'arrondissement en notre faveur. » Le Parti socialiste, qui perd donc les 4e et 9e arrondissements, avance les mêmes arguments. Un proche du maire de Paris expliquait hier qu'il comptait sur « la plus-value personnelle de Bertrand Delanoë et de Jacques Bravo », maire (PS) du 9e, pour l'emporter au prochain scrutin. « Aux élections législatives, on vote plutôt pour des personnes ancrées localement, on raisonne à une autre échelle qu'à une présidentielle. »

Dans les deux camps, les regards se tournent vers les électeurs du centre, qui se sont reportés « à l'Ouest vers Nicolas Sarkozy, à l'Est vers Ségolène Royal », selon un observateur UMP. Le PS estime de son côté que le vote Bayrou était surtout composé d'électeurs de sensibilité verte. « Il se nourrit des quelque 12 % de votes Verts en 2001, qui sont tombés à 1,53 % le 22 avril. C'est un report d'évidence », selon le porte-parole de Bertrand Delanoë.

Mais aucun des deux partis n'envisage un accord avec l'UDF avant le premier tour pour présenter un candidat commun. A gauche, on rappelle que « Bertrand Delanoë s'est toujours clairement positionné par rapport au parti de François Bayrou. Il n'est pas question de remettre en cause la composante de la majorité municipale. » Quant à l'UMP, ses responsables pensent à un accord, mais après le premier tour. Françoise de Panafieu « s'adressera aux électeurs du centre car nous avons des convergences évidentes. Au premier tour, ils feront vivre leur sensibilité. Après on pourra se rapprocher. A l'heure actuelle, il n'y a pas un seul maire d'arrondissement UMP qui n'ait pas d'adjoint UDF... »

convoitise Le 12e arrondissement sera au coeur de toutes les convoitises durant les élections législatives. Passé à gauche en 2001, l'arrondissement est pourtant considéré comme « sociologiquement à droite » par l'UMP, qui tarde à désigner un candidat sur cette circonscription face à Sandrine Mazetier (PS). Dimanche, le 12e enregistrait 51,86 % pour Royal, avec 2 634 voix d'avance. L'UMP devrait se réunir demain pour désigner son candidat. Catherine Colonna, actuelle ministre déléguée aux Affaires européennes, s'est proposée.