Paris: 350 collégiennes issues de ZEP, accueillies chez Microsoft pour casser les codes

REPORTAGE La deuxième édition de Digigirlz, à l’initiative de Microsoft en partenariat avec les associations Zup de Co et FACE 93, s’est déroulée ce mardi sur le campus de Microsoft à Issy-les-Moulineaux…

Romain Lescurieux

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Des élèves du collège Valmy dans le 10e arrondissement apprennent à Microsoft le langage informatique
Des élèves du collège Valmy dans le 10e arrondissement apprennent à Microsoft le langage informatique — R.LESCURIEUX

«Là, on va mettre un arbre», s’exclame Tess, 14 ans. Face à un écran d’ordinateur et aux côtés de ses camarades de classe du collège Valmy dans le 10e arrondissement, la jeune fille s’exerce pour la première fois au langage informatique en développant un jeu vidéo. Comme vingt-cinq autres collégiennes dans la pièce. Les clics de souris s’enchaînent, les ordinateurs chauffent. «Nous sommes en train de créer notre monde», surenchère Rachel.

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Habituées des jeux sur leurs smartphones, les deux adolescentes se félicitent d’avoir capté en quelques minutes, «tout ce que l’on peut faire avec des lignes de code». Et c’était toute la démarche de cette journée Digigirlz à l’initiative de Microsoft en partenariat avec les associations Zup de Co et FACE 93 (Fondation Agir Contre l’Exclusion), pour la deuxième année consécutive.

«Créer une étincelle» en cassant les codes

Ainsi, 350 collégiennes - issues d’une dizaine de collèges de Paris et sa région, classés en zone d’éducation prioritaire - ont passé la journée sur le campus de l’entreprise américaine à Issy-les-Moulineaux. Elles se sont faufilées de stand en stand par petits groupes, pour découvrir l’univers et les métiers du numérique. Et ce, à travers une initiation au code, une formation à la programmation d’un robot ou encore un «job dating» avec une quinzaine de professionnels. Le but: Créer des vocations et casser les codes.

«L’idée est d’inspirer ces jeunes filles pour créer une étincelle dans le futur, car souvent ce sont des jobs auxquels elles n’ont pas pensé», souligne Béatrice Matlega, responsable de la politique de citoyenneté au sein de Microsoft et en charge de cet événement. «D’autant qu’il y a toute une palette de métiers dans le numérique» encore peu envisagés par les adolescentes, ajoute-t-elle. Selon Microsoft, 7 filles sur 10 sont intéressées par les sciences, pourtant 2 sur 10 en feront leur métier. Notamment à cause des clichés.  

Sur son stand, Etienne, développeur, résume la problématique. «Dans leurs têtes, l’informatique est associée à "garçon" et "compliqué". Nous démystifions donc cela en leur faisant un premier apprentissage de la logique du code», détaille-t-il. De plus, «pas la peine d’avoir un parcours monstrueux et d’être excellent en mathématique. Ces métiers sont basés sur l’égalité des chances d’où la volonté de faire venir des jeunes filles de ZEP», poursuit de son côté, Béatrice Matlega. D’autant que ces filles sont d’ores et déjà connectées.

Facebook, Snapchat, selfies et jeux vidéo

Préalablement programmé par une collégienne, Nao le robot se réveille soudain dans une pièce pour une série d’actions. Dans le public, des jeunes filles du collège Moulin à Vent à Cergy dans le Val d’Oise, brandissent alors leurs smartphones pour réaliser un Snapchat. «Tu me l’envoies, hein ?», lance l’une d’elle à une amie. Plus loin, les selfies et les «Vine» s’enregistrent à toute vitesse. «Les applications ça leur parle énormément donc elles sont très intéressées de savoir qui est derrière», assure Béatrice Matlega.

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«Elles sont ravies de savoir qu’on peut être payé pour aller sur Facebook», rigole Constance, 25 ans, community manager chez Microsoft. En tout cas, c'est très concret pour elles». Tess, elle, est ravie de cette journée. «J’ai discuté avec des gens qui avaient une vraie expérience et j’ai été très intéressée par le métier de consultant en informatique». Les portes sont ouvertes.