Concours du meilleur développeur à l’École 42: «Le lendemain de ma victoire, je signais un CDI»

NUMERIQUE Alors que la troisième édition du concours du meilleur développeur de France se tient ce jeudi à l’Ecole 42, le gagnant de la première année revient sur son parcours…

Romain Lescurieux

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Olivier Hamon a remporté en 2013 la première édition du concours du meilleur développeur de France organisé à l’École 42
Olivier Hamon a remporté en 2013 la première édition du concours du meilleur développeur de France organisé à l’École 42 — Going To Digital

L’erreur 404 n’est pas permise. La troisième édition du concours du meilleur développeur de France se déroule ce jeudi, au sein de l'établissement d’informatique 100% gratuit, lancé en mars 2013 par Xavier Niel: L’Ecole 42.

Tel un ovni posé au milieu du boulevard Bessières dans le 17e arrondissement, 42 fait référence au nombre donné par le superordinateur en réponse à la «grande question sur la vie, l’univers et le reste» dans le Guide du voyageur galactique, la saga de science-fiction de Douglas Adams. Mais ce jeudi, ce sera à d’autres de trouver l’ultime solution.  

C, C++, C#, Php  

Entre 800 et 1.000 développeurs, en équipe ou en solo, s’affronteront et enchaîneront les lignes de codes durant 2h30, pour résoudre un maximum de problèmes en réalisant des algorithmes, dans l’un des langages informatiques suivant: C, C++,C#, Php, JAVA, Python et Ruby.

En octobre 2013, lors de la première édition, ils étaient entre 300 et 500 participants venus de toute la France. En deux heures, Olivier Hamon alors âgé de 23 ans, bouclait huit problèmes algorithmiques sur onze, remportait le titre de meilleur «dev» de France, gagnait 10.000 euros. Et surtout: décrochait un job.

«Le soir même, ma page LinkedIn chauffait de visites de chasseurs de têtes»

A l’époque, étudiant à Centrale Paris et stagiaire chez SAP - un des leaders mondiaux dans l'édition de logiciel d'entreprise – il trouve quelques heures plus tard sur son bureau un contrat d’embauche, en tant qu’ingénieur développement: «Le lendemain de ma victoire, je signais un CDI», s'exclame-t-il. Un hasard? «C’est ce que l’on m’a dit. Mais même des années après  je ne sais pas trop», rigole Olivier.

Ce qui est certain, c’est que le jeune homme avait déjà reçu une offre d'un autre concurrent et les réseaux sociaux s’agitaient autour de sa personne. «Le soir même, ma page LinkedIn chauffait de visites de chasseurs de têtes» se souvient-il. «On m’a notamment proposé de travailler aux Etats-Unis en tant qu’évangéliste technologique, pour renseigner l’entreprise sur les nouvelles technos». La tête froide et les pieds à Paris, Olivier décide toutefois de rester chez SAP.

Le raout de la French Tech

Mais derrière ce concours, c’est un véritable raout de la French Tech qui se tient, avec la présence de politiques, de start-up et de pontes de l'économie numérique, notamment Thierry Petit, fondateur et président du site Showroomprivé et parrain de cette édition 2015.

«C’est un coup de projecteur sur une profession encore mal connue, avec des personnes qui sont pourtant les bâtisseurs des autoroutes de la communication de demain», explique Stéphane Boukris, co-fondateur d’Ametix, spécialiste du recrutement et de l'ingénierie Web et à l’initiative du concours du meilleur développeur. Les entreprises l’ont bien compris et n’hésitent pas à venir dénicher la pépite de l’informatique de demain.

Les entreprises «viennent faire leur marché»

«En France, il manque actuellement 35.000 développeurs. C’est une véritable pénurie à un moment où toutes les entreprises prennent le virage du numérique», poursuit Stéphane Boukris. «Ainsi, vu qu’il leur manque une des ressources principales, le développeur, ils viennent faire leur marché dans ce type d’événement. Une entreprise nous a déjà dit qu’elle souhaitait recruter les quinze premiers», détaille-t-il.

Olivier Hamon livre, lui, ses ultimes conseils. «Rester concentrés. Bien cerner le problème et ne pas se compliquer la tâche». Qui semble déjà l’être suffisamment.