Le refuge des reporters a 5 ans

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Pour le cinquième anniversaire de la Maison des journalistes (MDJ), Bertrand Delanoë, maire (PS) de Paris, a inauguré hier une plaque Anna-Politkovskaya, en hommage à la reporter russe tuée en octobre dernier. Cette maison a pour mission d'accueillir les journalistes étrangers en danger dans leur pays, comme Izana Laaroussi, qui a dû fuir le Maroc. Le bilan des premières années de la MDJ est positif pour Danièle Ohayon, sa présidente, puisque « tous les résidents qui sont sortis ont obtenu le statut de réfugié politique ».

Restés solidaires, les expatriés sont reconnaissants envers cet endroit qui leur « a rendu une dignité humaine », comme le précise J. Rémy Ngono, ancien résident camerounais. Ouverte depuis le 3 mai 2002, la MDJ a accueilli 118 journalistes de 40 nationalités différentes. Menacés dans leur pays d'origine, ils y trouvent refuge pendant six mois et ont ainsi accès à une chambre individuelle, un titre de transport et des tickets repas. Deux conditions sont nécessaires pour pouvoir intégrer le site : être journaliste et persécuté dans son pays. Seul point négatif : le reclassement professionnel. Ces hommes et femmes ne trouvent pas tous un emploi dans leur secteur professionnel. « Certains font du gardiennage ou travaillent en restauration, remarque Danièle Ohayon, alors qu'en intégrant un média, les réfugiés pourraient achever de reconquérir leur dignité. »