Six mois ferme pour « le fraudeur de la gare du Nord »

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Rarement une affaire aussi « banale », selon l'avocat du prévenu, « simple » selon le procureur, « comme il s'en passe des centaines chaque année » selon la RATP, aura attiré autant de caméras. Un peu plus d'un mois après les faits, Angelo Hoekelet, « le fraudeur de la gare du Nord », était jugé hier par le tribunal correctionnel de Paris. Non pas pour avoir incité aux « émeutes » que son interpellation avait déclenchées le 27 mars : tout le monde a reconnu qu'il n'y était pour rien. Mais pour fraude, outrage, rébellion, menaces de mort à des agents de la RATP et des gendarmes. Ceux qui espéraient obtenir des explications sur l'origine des émeutes sont donc rentrés bredouilles.

A l'audience, Angelo Hoekelet se présente calme, armé d'un sourire narquois qui masque mal les limites de ses propos confus, aussi peu audibles que convaincants face à trois agents de la RATP qui certifient avoir été insultés. L'un d'entre eux explique avoir en partie évité un coup de tête en se penchant en arrière. Face à lui, Angelo Hoekelet nie tout, sauf les avoir traités de « bouillabaisse ». Mystérieux jusque dans ses insultes, l'homme de 33 ans, déjà condamné il y a dix ans pour violence sur personne dépositaire de l'autorité publique et il y a quatre ans pour outrage, certifie avoir changé. Sans vraiment convaincre : le procureur avait requis dix mois de prison ferme, et le tribunal l'a condamné à six mois ferme. Lors de sa plaidoirie, Bruno-Albert Boccara, son avocat, s'est tout de même demandé si quelque chose dans l'attitude des agents ayant tenté de maîtriser le fraudeur en le plaquant au sol puis dans le nombre de gendarmes l'ayant entouré ne pouvait pas expliquer les incidents qui se sont ensuivis. Sa question restera sans réponse.