Paris: Quand la soirée débouche sur un tatouage fait par un «ami»

TENDANCE Alors que les mordus d’encre indélébile se donnent rendez-vous dès ce vendredi, et jusqu’au 8 mars, à la Grande Hall de la Villette pour le Mondial du Tatouage, certains s'écartent des studios...

Romain Lescurieux

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Illustration d'une femme en train de se faire tatouer.
Illustration d'une femme en train de se faire tatouer. — Illustration tatouage et tatoueur. Le 1er janvier 2014, un nouvel arrete concernant le tatouage va entrer en vigueur. Il fixe une liste de substances qui ne pourront plus etre utilisees. Parmi elles, la plupart de celles qui servent a faire les pigments de couleur. Bordeaux, FRANCE - 28/11/2013/POUZET_TAT.04/Credit:SERGE POUZET/SIPA/1311291921 Auteurs : SERGE POUZET/SIPA

Roulez jeunesse. Alors que le Mondial du Tatouage s’ouvre ce vendredi et s’apprête à accueillir près de 30.000 visiteurs, ils sont de plus en plus à tenter l'expérience hors des studios et salons «classiques».

Pour trois potes d’enfance, interrogés par 20 Minutes, c'était lors d'une soirée «un peu alcoolisée». Ils s’étaient alors remémoré les anecdotes de leur école primaire. Et puis, «nous en sommes arrivés à parler de notre professeur de CM2, qui nous faisait marrer avec sa moustache et qui disait toujours "roulez jeunesse"», raconte Gervais*, 25 ans, Parisien. «Du coup, on s'est dit qu'il fallait qu'on se fasse tatouer ça sur la fesse», ajoute-t-il. Le lendemain, l’alcool retombe et les souvenirs reviennent. Doucement.

Un ami, une machine à tatouer, 20 euros

«J'avais zappé ce pari mais visiblement on m'avait écrit le tatouage au marqueur pour voir comment ça rendrait et mes deux amis étaient toujours motivés», poursuit-il. Banco, donc. Un rendez-vous est pris pour la semaine suivante, avec un ami «artiste» du trio, qui possède une machine à tatouer et se déplace à domicile. Prix de l’intervention: Vingt euros. Tin-tin, la star parisienne du tatouage - à l’initiative de l’événement à la Villette - ne veut pas entendre parler de ces façons de faire.

>> Lire notre article sur le tatouage, ce 10e art mondialisé

«Il y a beaucoup de dérives dans le tatouage. Ce week-end est donc aussi l’occasion de présenter au public la crème de la crème des tatoueurs dans une ambiance professionnelle», explique-t-il. Gervais, lui, ne regrette rien. Au contraire.

Kit de tatouage sur Internet

«Je pense que je ne serais pas allé dans un studio pour un tatouage aussi spontané et assez peu réfléchi», dit-il.  Qui plus est, un souvenir «réussi». Mais Sacha, 42 ans, tatoueur à Paris depuis 18 ans en a lui vu passer «des ratés». «Avant les gens venaient nous voir pour rectifier des tirs à cause de mauvais tatoueurs, maintenant c’est à cause des copains en soirée qui ont acheté une machine à tatouer. C’est de plus en plus en vogue», déplore-t-il. Car pour une centaine d’euros, un kit de tatouage s’achète sur Internet.

Si lui dit toujours arriver à «rattraper», «recouvrir sans en arriver au laser», il met en garde contre cette pratique qui comporte de risques à cause d’un «matériel qui peut être défectueux et une encre de mauvaise qualité», détaille-t-il, rappelant qu’«il ne faut jamais oublier que c’est pour la vie». En l’occurrence, Amélie, la vingtaine, regrette un peu son acte.

«Même mal fait, pour certains ce tatouage reste un souvenir»

«Encore ivre de la veille, je me suis fait tatouer chez un ami, les initiales de mon ancien groupe d’amis ainsi que l’initiale du prénom de mon ex», affirme-t-elle. Des personnes qu’elle ne voit plus désormais. «Un tatouage, ce ne doit pas être sur un coup de tête, ni sous le coup de la mode», argumente Sacha, «c’est pour cela que l’on discute avec les personnes et que l’on n’hésite pas à dissuader aussi pour certains tatouages, notamment ceux qui reviennent régulièrement» (voir encadré). «Après, même mal fait, pour certains ce tatouage reste un souvenir», précise le tatoueur.

>> Les dix commandements pour se faire tatouer

C’est ce qu'a témoigné Audrey auprès de 20 Minutes, après avoir été «charcutée» par un tatoueur lors d’un voyage à l’étranger. «J'ai été obligée de retourner deux fois chez un tatoueur en France pour qu'il m'arrange un peu les contours. Mais je n'ai aucun regret», note-t-elle, satisfaite «du motif, des circonstances et des personnes» qui l'ont accompagnée pour le faire. Et de conclure, des années après cette séance: «Yolo» (You Only Live Once).

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Quelles sont les «tendances tatouages»?

Plutôt en noir et gris qu’en couleurs, «la plume, le signe de l’infini et l’envolée d’oiseaux ont remplacé salamandre, dauphin et "tribal"», sur le corps des tatoués parisiens, détaille Sacha qui tient un studio dans la capitale. Si la rose et le dragon restent indémodables, Internet, les réseaux sociaux, les sportifs et certains chanteurs influencent toutefois beaucoup les futurs tatoués. Mais pour Sacha, pas de coup de tête, ni effet de mode, il dit prendre le temps de discuter, réorienter ou dissuader s’il le faut, pour éviter ce genre de pièces.