VIDEO. Survol de Paris par cinq drones: Menaces, repérage, risques…Tout comprendre sur ces engins

FAITS DIVERS «Dix enquêteurs spécialisés en aéronautique sont actuellement dans une phase de récupération de témoignages», a précisé à 20 Minutes, une source proche de l’enquête…

Romain Lescurieux
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Paris, le 6 octobre 2014, La Tour Eiffel vu du 1e étage
Paris, le 6 octobre 2014, La Tour Eiffel vu du 1e étage — O. Gabriel / 20 Minutes

Au moins cinq drones ont été aperçus survolant Paris dans la nuit de lundi à mardi, aux abords de l'ambassade des Etats-Unis, de la Tour Eiffel ou de la Concorde, mobilisant les services de police qui n'ont pu mettre la main sur leurs pilotes.

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Depuis quelques mois, plusieurs de ces appareils ont été repérés aux abords de sites sensibles, nucléaires notamment. Ou au-dessus de l’Elysée, comme en janvier dernier. Quelle menace? Comment les détecter? Que risquent les pilotes? 20 Minutes fait le point sur cet événement.

Que peut faire un drone en survolant une ville comme Paris? 

«Est-ce un jeu, des repérages pour une action future? L’enquête le dira», s’interroge perplexe un commissaire parisien. Pour Christophe Naudin, criminologue et spécialiste de la sûreté aérienne, interviewé par 20 Minutes, le seul objectif est de tester «les réactions de l’Etat». «Pour qu’un drone transporte une charge explosive, il faut une capacité de transport que beaucoup de ces appareils n’ont pas», note-t-il. Et en ce qui concerne la piste de l’espionnage, c’est selon lui «inutile» au vu «des images satellites dont on dispose aujourd’hui»

Comment les repère-t-on?

C’est le problème. Si les plus basiques, sont radiocommandés et doivent être pilotés à distance par un opérateur caché à proximité - qui peut donc être repéré grâce aux émissions radio et arrêté - d'autres modèles sont programmables et autopilotés, rappelle cet article de 20 Minutes. Et pour 350 à 400 euros, on trouve désormais dans le commerce des engins en plastique virtuellement indétectables. Ils volent ainsi trop bas et sont trop petits pour être détectés par les radars militaires ou civils. Et ne peuvent comme cette nuit, être uniquement repérés visuellement.

Existe-t-il des systèmes de blocage?

Selon le site aeronewstv, il existe trois systèmes utilisés par différentes armées étrangères existent pour se prémunir contre des drones: Un brouilleur anti-drone, qui bloque les transmissions entre l’opérateur et sa machine; un système à visée laser tactique pour abattre des avions et de grands drones de combat; un laser de défense chinois pour bloquer de plus petits drones. Dans le cas de cette nuit, «le brouillage, unique solution, n’aurait pas eu de résultats, car il s’agissait de drones autopilotés», affirme le spécialiste.

Peut-on remonter la piste des pilotes ?

La plupart des services de police ont été mobilisés dans la capitale pour essayer de repérer les pilotes de ces appareils, en vain. «Nous avons tout déployé pour tenter d'intercepter les pilotes mais ils n'ont pas été détectés», a regretté une source. Pour Christophe Naudin, c’est le principal problème. «Nous cherchons encore des solutions», poursuit-il.

Que risquent-ils?

Deux arrêtés du 11 avril 2012 fixent un certain nombre de règles concernant l’utilisation de l’espace aérien par ces appareils, l’objectif étant de protéger les personnes et les biens au sol, détaille le site Service-Public.fr. En l’occurrence « le survol des agglomérations ou des rassemblements de personnes n'est possible que dans le cadre d'une autorisation préfectorale délivrée après avis du service de la défense et de la direction régionale de l'aviation civile », précise la Direction générale de l'aviation civile. Toute personne contrevenant à ces règles d'usage - développées en accord avec la CNIL - mentionne Le Monde, risque jusqu'à un an de prison et 75.000 euros d'amende.

>> Vous vous posez d'autres questions concernant les drones? Déposez-les dans les commentaires ou via contribution@20Minutes.fr. Nous répondrons à une sélection ces prochains jours.