Une trentaine de Chibanis, des retraités algériens et marocains, étaient jeudi matin en cours d'évacuation de leur hôtel meublé situé rue Faubourg-Saint-Antoine.
Une trentaine de Chibanis, des retraités algériens et marocains, étaient jeudi matin en cours d'évacuation de leur hôtel meublé situé rue Faubourg-Saint-Antoine. — Capture d'écran / Google Maps

EXPULSION

Paris: Une trentaine de Chibanis expulsés de leur hôtel Voltaire

Ces retraités algériens et marocains étaient locataires de cet endroit, qui n’a d’hôtel que le nom, depuis de très nombreuses années…

Une trentaine de Chibanis, des retraités algériens et marocains, étaient ce jeudi matin en cours d'évacuation d'un hôtel meublé de Paris, après un arrêté de la préfecture de police (PP), a-t-on appris de sources concordantes. Selon la PP, un hébergement a été «offert à chaque occupant» dans un immeuble géré par l'association Aurore en attendant une proposition de relogement d'ici le 30 juin.

«Ils sont une trentaine, essentiellement des Chibanis (cheveux blancs en arabe, NDLR), locataires de cet hôtel depuis de nombreuses années, au 73, rue du Faubourg-Saint-Antoine (11e), à Paris, à être évacués depuis 7h30», a déclaré à l'AFP Jean-Baptiste Eyraud de l'association Droit au logement (DAL).

L’endroit n’a d’hôtel que le nom

L'endroit n'a d'hôtel que le nom: chambres étroites, pas d'ascenseur et à chaque locataire de se battre contre les fuites d'eau et les cafards. Sur les murs extérieurs, des fils électriques sont à nu, avait constaté en septembre une journaliste de l'AFP.

La préfecture de police de Paris (PP) a expliqué que cette évacuation faisait suite aux «rapports faits par les architectes de sécurité constatant la dangerosité des lieux au regard de la sécurité incendie». Un arrêté d'interdiction temporaire d'habiter les lieux, à proximité de la place de la Bastille, avait été pris le 15 décembre. Abandonné par la gérante, l'hôtel est «sans surveillance» et ne fait «l'objet d'aucun suivi sur le plan de la sécurité incendie», a poursuivi la PP, précisant que 31 personnes, dont 12 âgées de plus de 65 ans, habitaient les lieux.

Un scénario redouté par les Chibanis plus que tout

Selon le DAL, les locataires avaient annoncé dans un courrier à la préfecture qu'ils «étaient prêts à répondre aux exigences posées par l'arrêté en attendant leur relogement. Il s'agissait de recruter un gardien qualifié sur la sécurité incendie». «La préfecture de police n'a pas répondu à ce courrier, n'a pas fait connaître son intention de maintenir l'expulsion, et a envoyé les CRS, ce matin, scénario que les Chibanis redoutaient par-dessus tout», déplore le DAL dans un communiqué.

Ian Brossat, adjoint à la Maire, a de son côté annoncé dans un communiqué que la Ville de Paris avait immédiatement entamé un processus de relogement. «Ces hommes ont contribué aux richesses de notre ville et de notre pays. Il est essentiel de leur proposer dans les plus brefs délais des solutions respectueuses de leur dignité», a souligné Ian Brossat, adjoint à la Maire de Paris en charge du logement et de l’hébergement d’urgence.

Transformation en logements sociaux

Dès ce soir, les Chibanis seront accueillis au Centre d'hébergement de la rue du Loiret, géré par l'association Aurore. Chacun y disposera d'une studette munie de sanitaires individuels, précise le communiqué de la Ville.

«D'ici au 30 juin, chacun - sans exception - se verra attribuer un logement dans Paris», annonce également l’adjoint à la Maire. Grâce à la mobilisation de Paris et de l'Etat, vingt d’entre eux sont d'ores et déjà positionnés sur un logement. ‎Le premier emménagera aujourd'hui, dans le 19e arrondissement.
 
«Nous explorons par ailleurs toutes les voies afin que le bâtiment du 73 rue du Faubourg Saint-Antoine soit transformé en logements sociaux», a également indiqué Ian Brossat.