Ile-de-France: Soldes, hôtellerie, tourisme… L’économie francilienne impactée par les attentats

ECONOMIE Alors que les soldes d’hiver s’achèvent ce mardi, et un mois après les attentats à Paris, «20 Minutes» fait le tour de l’économie francilienne, secteur par secteur…

Romain Lescurieux

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Les soldes aux Galeries Lafayette, à Paris, le 9 janvier 2013
Les soldes aux Galeries Lafayette, à Paris, le 9 janvier 2013 — Miguel Medina AFP

Si les débuts d’année restent à chaque fois marqués par une faible activité - notamment dans le domaine de l’hôtellerie - l’économie francilienne a cette année été fortement impactée par les attentats qui ont secoué début janvier la capitale. Pour preuve, les soldes d’hiver 2015, qui s’achèvent ce mardi, ont notamment été «catastrophiques», selon le Centre Régional d'Observation du Commerce, de l'Industrie et des Services (Crocis) de la CCI Paris Île-de-France. Et ce n’est pas le seul secteur économique touché. Tour d’horizon.

Les soldes d’hiver 2015

En plus de la conjoncture liée à la morosité économique, 87% des commerçants se sont déclarés impactés par les attentats, avec des répercussions sur leur chiffre d’affaires, selon une étude du Crocis. Et 75% d’entre eux jugent leur chiffre d’affaires en baisse par rapport aux soldes d’hiver 2014. «Chaque année, les soldes se jouent le premier jour et le premier week-end. En l’occurrence, cette année, ces rendez-vous sont tombés en plein pendant les attentats. Le bilan ne peut donc être que catastrophique», ajoute Julien Tuillier, chargé d'étude pour le Centre Régional d'Observation du Commerce, de l'Industrie et des Services (Crocis) de la CCI Paris Île-de-France, qui note toutefois un léger «effet rattrapage grâce à la sixième semaine de démarque». 

Les lieux touristiques

Tour Eiffel, Châteaux de Versailles, musées, DisneyLand… «Avec le plan Vigipirate, ces lieux ont principalement été impactés par l’absence des groupes scolaires, des Français et des Franciliens», affirme François Navarro, directeur général du comité régional du tourisme Paris Ile-de-France. Mais selon lui, les touristes ont tout de même continué à se rendre dans la capitale, à l’exception d’une clientèle de luxe - en mesure d’annuler à la dernière minute - et d’une «clientèle d’affaires américaines influencée par les désinformations de Fox News», explique Didier Chenet, président du Synhorcat, syndicat des hôteliers et restaurateurs. Pour François Navarro, deux facteurs devraient toutefois faire revenir en masse cette clientèle au Printemps: La baisse de l’euro et la baisse du pétrole.

La restauration 

50% des restaurateurs ont été confrontés à des annulations depuis le début de l’année, selon Didier Chenet. Via une enquête sur les professionnels du secteur, pour ces deux premiers mois, 45% d’entre eux évaluent l’impact des attentats à une baisse de 30 à 50% sur leur chiffre d’affaires. 17% l’estiment même à - 50%. «Globalement, les attaques ont provoqué une baisse du chiffre d’affaires dans le domaine de la restauration de 15%. Notamment à cause de nombreuses annulations le soir», poursuit-il.

L’hôtellerie

Toujours selon le syndicat Synhorcat, la baisse du chiffre d’affaires du secteur de l’hôtellerie en Ile-de-France, tourne en moyenne, aux alentours de 7%. «40% des responsables d’hôtels trois étoiles évaluent même la baisse de leur chiffre d’affaires entre 20 et 50%», note Didier Chenet. Enfin, selon le comité régional du tourisme, 32% des professionnels de l’hôtellerie estiment ce début d’année «mauvais», et 50% l’estiment en baisse par rapport à 2014, sur un panel de 450 professionnels du secteur.