Ile-de-France: Tout comprendre des élections départementales de mars prochain

POLITIQUE Est-ce qu'on vote à Paris? Dans quel cas y aura-t-il un second tour? Quels départements franciliens peuvent basculer? «20 Minutes» vous donne quelques éléments de réponses…

Fabrice Pouliquen

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Illustration d'un électeur en train de glisser un bulletin dans une urne.
Illustration d'un électeur en train de glisser un bulletin dans une urne. — DAMOURETTE/SIPA

L’élection ne fait pas encore grand bruit, mais elle approche pourtant à grand pas. Les 22 et 29 mars, les Français sont appelés aux urnes pour élire leurs conseillers départementaux. Qui vote? Comment? Alors que les candidats avaient jusqu'à ce lundi pour déclarer leur candidature, 20 Minutes vous en dit plus sur ce scrutin.

Qui vote?

Pas tout le monde! Ces élections départementales ne concernent notamment pas le 1,2 million d’électeurs parisiens. Tout simplement parce que Paris est à la fois une ville et un département. C’est de ce fait le conseil de Paris, composé à l’issue des élections municipales, qui fait office de conseil général et de conseil municipal. Dans les autres départements franciliens, on votera les 22 et 29 mars. Environ 5.600.000 électeurs sont appelés aux urnes.

Qu’est-ce qui change cette année?

Le nom déjà. On ne parle plus d’élections cantonales, mais d’élections départementales. Cette nouvelle dénomination est en phase avec les changements opérés depuis le 17 mai 2013. Il ne faudra ainsi plus dire «conseil général», mais «conseil départemental» et non plus «conseillers généraux», mais «conseillers départementaux». Le but de ces élections reste sinon inchangé. Il s’agira d’élire, pour six ans, les membres du conseil départemental, assemblée qui réglera par ses délibérations les affaires du département. En revanche, le conseil départemental sera désormais renouvelé dans son intégralité, tous les six ans donc, là où le conseil général était renouvelé par moitié tous les trois ans.

Plus étonnant, la nouvelle formule de ces élections veut respecter scrupuleusement la parité. Du coup, les candidats de votre canton se présenteront en binôme, constitué obligatoirement d’une femme et d’un homme. In fine, chaque canton sera donc représenté par deux conseillers départementaux.

A quelle condition y aura-t-il un second tour?

Pour être élu au premier tour, un binôme doit obtenir au moins la majorité absolue des suffrages exprimés et un nombre de suffrage égal à au moins 25% des électeurs inscrits. Si aucun binôme n’est élu au premier tour, les deux binômes arrivés en tête le 22 mars peuvent se présenter au second tour, ainsi que tous ceux qui ont obtenu un nombre de suffrages au moins égal  à 12,5%.

Quels départements peuvent basculer?

La gauche joue gros. Elle dirige à ce jour quatre des sept départements franciliens dans lesquels on votera les 22 et 29 mars. Il s’agit de l’Essonne, de la Seine-et-Marne, du Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis. Les Yvelines, les Hauts-de-Seine et le Val-d’Oise sont eux aux mains de la droite.

Cette répartition pourrait très bien être bousculée. Valérie Pécresse, présidente du groupe UMP à la région Île-de-France, est en tout cas ambitieuse. «Nous pouvons faire basculer en notre faveur les quatre départements qui nous manquent», déclare-t-elle à 20 Minutes. Pour l’Essonne et la Seine-et-Marne, cela semble jouable, la majorité de la gauche étant relativement faible dans ces deux départements. Mais récupérer la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne sera une autre paire de manches. «Le découpage des cantons ne nous favorise pas dans ces deux départements», poursuit Valérie Pécresse. Mais l’ex-ministre espère surfer sur les élections municipales de l’an dernier qui avait vu l'UMP et le centre hériter de la majorité des villes dans ces deux départements. 

En face, Christophe Borgel, le monsieur élection du Parti socialiste, joue la prudence. «En comptant Paris, nous dirigeons actuellement cinq des huit départements franciliens. Nous espérons garder les choses inchangées.»

Quel rôle pour le FN?

Quant au Front national, s’il ne semble pas en mesure de l’emporter dans les départements d’Ile-de-France, comme l’indique Jean-Yves Camus, politologue spécialiste du parti d’extrême droite, il pourrait quand même peser sur le scrutin.

Sur ces territoires, «où la tradition du vote FN est plus faible qu’ailleurs», il importera en effet  d’«observer le comportement des élus UMP entre les deux tours», souligne le politologue. Car si le parti de Marine Le Pen venait à effectuer une percée au premier tour, «elle ne donnera pas son soutien sans conclure d’accords», précise Jean-Yves Camus.

Et même si Nicolas Sarkozy a prévenu, ce jeudi, que «tout responsable UMP qui conclura un accord avec le Front national sera immédiatement exclu», rien ne dit que, du côté des électeurs UMP, on ne sera pas tenté par le vote frontiste. «Le problème pour l’UMP, c’est qu’une moitié de sa base considère que les accords avec le FN sont acceptables», rappelle d'ailleurs le politologue.