Paris: Dans les coulisses de la Ménagerie, au plus près de «la relation entre le soigneur et l’animal»

LOISIRS Des Parisiens vont découvrir les coulisses de la Ménagerie du zoo du Jardin des Plantes, ce week-end  à l'occasion de Paris Face Cachée. «20 Minutes» s’y est rendu en avant-première...

Romain Lescurieux

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Dans la clinique vétérinaire, le docteur Chai procède à une échographie duserpent Lancer le diaporama
Dans la clinique vétérinaire, le docteur Chai procède à une échographie duserpent — R.LESCURIEUX

«Vous entrez dans une zone à risques. Si votre tête ne leur revient pas, elles peuvent vous cracher dessus». Christelle, chef soigneuse de la Ménagerie, prévient d’emblée puis ouvre la porte, qui mène au couloir de service de la singerie, d’habitude réservé au personnel. Là, Tamou (10 ans), Théodora (26 ans) et Nénette (46 ans), les trois orangs-outangs femelles, se dévoilent côté coulisse, séparées des quelques spectateurs privilégies, uniquement par un grillage.

Cette expérience unique est proposée au public ces 6, 7 et 8 février, dans le cadre de l’événement Paris Face Cachée. «L’idée est d’aller dans les endroits confidentiels, fermés au public et de vivre une aventure», commente Sabrina Slimani, en charge de l’organisation de ce rendez-vous. Ainsi, pour la première fois, la Ménagerie dévoile l’envers de son décor, à travers ceux qui font vivre cet endroit créé en 1794 et occupé aujourd’hui par 850 animaux. Car l’espace est pour le moins fertile. 

«Nous faisons tout pour éviter qu’ils s’ennuient»

«Nous espérons avoir des bébés panthères des neiges au printemps», sourit d’ailleurs Michel Saint-Jalme, le directeur de la Ménagerie. De quoi agrandir davantage la population de cet établissement, qui favorise la biodiversité en permettant la reproduction d’animaux menacés d’extinction dans leur milieu naturel. Ce programme peut notamment compter sur la présence des pandas roux, «qui se reproduisent très bien», explique-t-il. Et ils ne sont pas les seuls. Derrière lui, deux chevaux de Przewalski s’accouplent en effet dans un enclos. Preuve qu’ils se sentent comme chez eux?

>>Naissances à la Ménagerie du Jardin des plantes. Diaporama

C’est en tout cas un des objectifs de la Ménagerie. «Depuis quelques années notre but est le bien être des animaux. Nous faisons tout pour éviter qu’ils s’ennuient et que leur stress augmente. Nous développons également les sens de leur milieu naturel, en gardant leurs capacités adaptatives», poursuit Michel Saint-Jalme. Toutes les espèces sont donc mises à contribution. Même les starlettes de la Ménagerie.

«C’est impressionnant d’entendre le cœur d’un serpent qui bat»

«Nénette, je veux ton épaule», lance Christelle au plus ancien orang-outan du zoo, qui s’entraîne tous les soirs avec la chef soigneuse. «Grâce à ces exercices et en leur demandant certaines positions, cela va être plus facile ensuite pour nous de les soigner», détaille-t-elle. Et grâce à ces liens «basés sur la confiance»,  Théodora fait des bulles, Nénette montre son épaule, son pied ou encore son dos. «Ce n’est pas du dressage et elles le font toujours si elles en ont envie», affirme Annabelle, une autre soigneuse.

Après la singerie, place à la cuisine où sont entreposés lapins et souris congelés, puis à la clinique, où un boa cubain fait son entrée avec son chef soigneur. «On est capable de faire toutes les opérations», indique le docteur Chai, qui se lance dans une échographie du reptile. «C’est impressionnant d’entendre le cœur d’un serpent qui bat pour la première fois», s’exclame-t-il, alors que l’animal est immobilisé sur une table d’opération par trois personnes. Autant d’échanges avec les animaux qui réjouissent le directeur, dans l’optique de ce week-end.

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«C’est très intéressant de nous ouvrir le temps de quelques jours et de faire découvrir davantage que ce que l’on propose d’habitude. Surtout en montrant la relation qu’il existe entre le soigneur et l’animal», observe Michel Saint-Jalme.