«No-go zones»: Et si les Parisiens faisaient découvrir eux-mêmes «leurs dangereux quartiers»?

POLEMIQUE Pour répondre à la polémique lancée par Fox News, une agence média lance nogozone.fr, un site qui veut faire des Parisiens des guides touristiques...

Fabrice Pouliquen

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Deux vielles dames se promènent dans le quartier de Belleville, visiblement sans aucune crainte...
Deux vielles dames se promènent dans le quartier de Belleville, visiblement sans aucune crainte... — Photo nogozone.fr

C’est peut-être la meilleure réponse faîte à la chaîne américaine Fox News qui, quelques jours après les attentats des 7, 8 et 9 janvier à Paris, évoquait de dangereuses «no go zones» dans la capitale. Autrement dit, des zones interdites aux non musulmans. Lionel Kaplan, dirigeant de l’agence média Mediatrium, n’attaquera pas la chaîne américaine en justice comme s’y prépare Anne Hidalgo. Lui a tout simplement créé un site Internet, nogozone.fr sur lequel il invite les habitants de ce «dangereux Paris» évoqué par Fox News à se transformer en guide touristique de leur quartier. Et tordre ainsi le cou aux clichés.

Un airbnb du tourisme

Le concept est inspiré des greeters, ces bénévoles qui accueillent gratuitement les touristes pour faire découvrir leur ville loin des sentiers battus. Lionel Kaplan, lui, évoque plus Airbnb ou Couchsurfing. «L’idée est de vraiment créer un réseau social qui mettra en relation les touristes, désireux de sortir des sentiers battus, et les guides parisiens volontaires. Ces derniers auront une fiche sur le site internet où il sera possible de noter et laisser un commentaire sur leurs dernières visites.»

Des premières visites avant l'été?

Dans les «no go zone», Fox News avait rangé le boulevard Magenta (9e-10e), le quartier de la porte de Clignancourt (18e), le cimetière du Père-Lachaise (20e), le quartier de Belleville… Dans ces quartiers, Lionel Kaplan dit déjà compter une centaine de guides volontaires inscrits sur son site internet. «L’idéal sera de pouvoir présenter les premières fiches de guides d’ici la fin du mois et pourquoi pas lancer les premières visites avant l’été», indique celui qui veut à tout prix éviter de tomber dans le tourisme de masse.