Paris: Où en est le projet de «Central Park du Grand Paris»?

URBANISME Une conférence débat autour du projet «Central Park» à lieu ce lundi au Pavillon de l’Arsenal à Paris (4e), en présence de ses concepteurs…

Romain Lescurieux

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Visuel du projet «Central Park du Grand Paris»
Visuel du projet «Central Park du Grand Paris» — CDU

417 hectares de superficie, 11 kilomètres de circonférence, bordés par six municipalités. Ces chiffres du parc Georges-Valbon de la Courneuve (Seine-Saint-Denis), seront-ils le point de départ d’un projet pharaonique. Une sorte de Manhattan écolo, répondant au nom de «Central Park du Grand Paris», souvent annoncé puis enterré20 Minutes fait le point sur ce programme, qui est au coeur d'un débat organisé ce lundi à 19h au Pavillon de l'Arsenal (4e).

Le Central Park du Grand Paris: C’est quoi?

«Poumon vert du 9.3», «centre du Grand Paris», «plus grand éco quartier du monde»… Les termes mentionnant le «Central Park» made in France, ne manquent pas. Pensé en 1983 par l’architecte Roland Castro et initié vingt ans plus tard, en 2013 avec Marc Rozenblat, ce projet permettrait d’accueillir, de loger et de faire travailler - dans un espace comprenant aussi des loisirs - entre 50.000 et 90.000 habitants. «C’est le rêve de la ville à la campagne, d’un réenchantement du quartier, grâce à des créations de logements mais aussi d’emplois», explique Marc Rozenblat, directeur général de CDU (Constructions et développements urbains) spécialisé dans les grands aménagements immobiliers.

Quel est l’intérêt en matière d’urbanisme et de développement?

Cette nouvelle ville - à 6 kilomètres au nord de la capitale - pourrait voir la création de 45.000 logements soit près de 3,1 millions de mètres carrés. Selon la présentation de CDU, la transformation du Parc en «Central Park» aurait «un impact très fort sur cette partie de la Seine-Saint-Denis, en créant une nouvelle centralité propre à une requalification de toutes les communes avoisinantes». Pour Marc Rozenblat, «l’idée est de faire de la rénovation urbaine tout en relogeant les gens sur place dans de meilleures conditions et aussi de revitaliser la ville pour faire venir les entreprises».

Où en est ce projet d’envergure? 

Présenté en octobre au Forum des projets urbains, «Le Central Park du Grand Paris» reste un «scénario», une «intention», «parmi de nombreuses propositions d’aussi grande envergure», nuance Thierry Lajoie, président directeur général de l’AFTRP (Agence Foncière et Technique de la Région Parisienne). Car c’est au gouvernement que revient le dernier mot.

En effet, dans le cadre du plan de mobilisation pour l’aménagement et les logements en Ile-de-France, l’Etat doit retenir en ce début d’année quinze projets franciliens, en plus des cinq déjà sélectionnés, sur de nombreuses «idées» portées aussi bien par des élus, que des promoteurs. Mais Marc Rozenbal est confiant. «Notre projet pourrait être retenu courant février», avance-t-il. «Et nous pouvons espérer poser la première pierre dans deux ans et demi», ajoute-t-il. Après, toutefois, des mises en conformité.

Quels vont être les obstacles? 

Dans un premier temps, la complexité de la zone. 70 hectares de la zone probable de construction sont classés en zone «Natura 2000», protégeant la faune et la flore. Ainsi, pour compenser, les concepteurs veulent associer et «reclasser» au parc, une coulée verte vers le Val d’Oise.

Dans un second temps, les procédures administratives. Deux départements, six villes et un conseil régional pourraient être concernés par le projet. «Il y aurait beaucoup trop d’acteurs.  Pour aboutir il faudrait modifier les documents d’urbanisme de chacun», explique Marc Rozenblat qui espère la mise en place d’un PIL (procédure intégrée pour le logement) pour faire un et même document commun à tous.

Comment est envisagé le financement? 

Selon Marc Rozenblat, la vente de terrains, les droits de mutation à titre onéreux et la TVA - soit les recettes des puissances publiques - pourraient rapporter de l’ordre de 4 à 6 milliards.  Pour un aménagement (voirie, réseaux, écoles) estimé à 700 millions d’euros. 

Conférence-débat sur le «Central Park» du «Grand Paris», ce lundi 2 février à 19h au pavillon de l'Arsenal, 21 Boulevard Morland, Paris (4e).