VIDEO. Paris: Le «Brigitte Bardot», pirate des temps modernes, fait monter les Parisiens à bord

ECOLOGIE Ce trimaran Sea Shepherd, une ONG connue pour ces chasses aux braconniers,  est à quai près du pont Alexandre III jusqu’au 12 février. Une première…

Fabrice Pouliquen

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Le Brigitte Bardot, le trimaran de l'association Sea Sheperd, le 21 janvier 2015. Le bateau le plus rapide de l'ONG est en escale jusqu'au 12 février à Paris. Lancer le diaporama
Le Brigitte Bardot, le trimaran de l'association Sea Sheperd, le 21 janvier 2015. Le bateau le plus rapide de l'ONG est en escale jusqu'au 12 février à Paris. — F. Pouliquen / 20 Minutes

Les eaux guère mouvementées de la Seine lui font sans nul doute des vacances. Jusqu’au 12 février, le trimaran Brigitte Bardot, de l’association Sea Shepherd est à quai à Paris, à deux pas du pont Alexandre III (côté rive droite). Loin des eaux tumultueuses où il a l'habitude de naviguer, là où l’ONG mène ses chasses contre les braconniers des espèces marines.

Dans la cabine, une succession de cartes postes accrochées au mur indique les endroits visités par le Brigitte Bardot. «En 2014, le trimaran est passé par le Cap Vert pour venir en aide aux tortues marines, le Guatemala et la Sicile pour une campagne sur le braconnage en général, ou encore les îles Féroe sur le massacre des dauphins», listent Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France, et Paul Watson, le fondateur charismatique de l’association.

«Le seul bateau Sea Shepherd a pouvoir passer sous les ponts de Paris»

Avant de reprendre le large, et sans doute de nouveau la direction des Îles Féroé cet été, le Brigitte Bardot s’offre une mission plus calme de sensibilisation, qui devrait le faire passer aussi par la Belgique et l’Allemagne. Sa présence à Paris est assez rare pour le souligner. «C’est bien la première fois qu’un bateau de Sea Shepherd amarre dans la capitale, précise Lamya Essemlali. Le Brigitte Bardot est d’ailleurs le seul à pouvoir passer sous les ponts de la Seine.»

C'est donc le moment d'en profiter. Le bateau est visitable gratuitement les mercredis, samedis et dimanche, de 10h à 13h et de 14h à 17h. Les membres de Sea Shepherd France font visiter les 36 mètres de long du trimaran de fond en comble. Des couchettes au pont arrière avec son jet ski, en passant par les deux postes de commande, la cuisine, le bureau du capitaine… Jusqu’à douze membres d’équipage peuvent vivre dans cet espace confiné, pour des missions pouvant durer six mois.

«Sa force, c’est sa vitesse»

Brigitte Bardot, le nom n’est pas très guerrier pour un bateau qui affiche un drapeau de pirate sur son pont. «A l’origine, il s’appelait Godzilla, raconte Paul Watson. Cela me faisait rire d’imaginer les braconniers japonais s’exclamant "oh nous sommes attaqués par Godzilla". Mais le nom était déposé par une compagnie japonaise qui nous a attaqués en justice. Alors j’ai troqué le nom d’une bête pour celui d’une beauté, Brigitte Bardot, étant une amie et un fidèle soutien de notre association.»

Le trimaran ne s’est pas assagi pour autant. En fibre de verre, il est trop fragile pour la confrontation directe avec les navires chassés par l’association. «Sa force, en revanche, c’est sa vitesse, commente Paul Watson. C’est le bateau le plus rapide de notre flotte. Il peut dépasser 25 nœuds (47 km/h environ). Il est parfait pour repérer au plus vite les braconniers, aller à la pêche aux informations.» Bref, le Brigitte Bardot vaut le détour.