Paris: «Un grand nombre d’habitants ne profitent pas des services publics offerts»

SONDAGE Papiers administratifs, prestations sociales, pratiques culturelles… Jusqu’au 13 février, les Parisiens sont invités à exprimer leurs idées pour améliorer l’accès aux services de la ville…

Fabrice Pouliquen

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Le 23/10/2013. Illustration de la mairie de Paris. Facade de la mairie de Paris. Photo / V. Wartner / 20 Minutes
Le 23/10/2013. Illustration de la mairie de Paris. Facade de la mairie de Paris. Photo / V. Wartner / 20 Minutes — V. WARTNER / 20 MINUTES

Il n’y a pas que sur le budget participatif que l’avis des Parisiens est sollicité ces jours-ci. La ville lance aussi une grande consultation pour moderniser les services publics. A compter de ce jeudi et jusqu’au 13 février, les Parisiens pourront donner leurs idées pour facilité l'accès au service de la ville, les démarches en mairie mais aussi pour rendre plus accessible l'offre culturelle ou la pratique sportive.

«Diversifier l'offre et lutter contre le non-recours»

L'enquête se fait en ligne, sur le site Avis.paris.fr. «Elle est réalisable en cinq minutes et les participants répondent aux thématiques qu'ils veulent», précise Emmanuel Grégoire, adjoint d’Anne Hidalgo en charge des services publics et de la modernisation de l’administration.

«Cette consultation était annoncée depuis plusieurs mois», rappelle Emmanuel Grégoire. Elle part d’un double constat. «Le premier, c’est la nécessité de diversifier l’offre de services publics, poursuit l’élu. La deuxième, c’est la problématique du non-recours. Nous constatons qu’un grand nombre d’habitants ne profitent pas des services publics offerts. Cela concerne tout particulièrement les populations les plus fragiles.»

50% des Parisiens titulaires potentiels du RSA ne le réclament pas

Une étude du centre d’action sociale de la ville de Paris s’était penchée sur la question en 2011. Le découragement devant la complexité des démarches, la méconnaissance des dispositifs, la crainte d’une stigmatisation, la préférence d’autres modes de solidarités ou même le manque d’intérêt pour l’offre étaient alors avancés comme possibles raisons pour expliquer ce non-recours. «A Paris, cela concerne par exemple le RSA (Revenu de solidarité active), observe Emmanuel Grégoire. Le taux de non-recours avoisine les 50%.»

Un problème qui n'est pas que parisien. En 2012, plus du tiers des titulaires potentiels du RSA en France, soit 1,7 million de personnes, n’y avait pas recours, selon une étude de la Caisse nationale d'allocations familiales. 

Ce non-recours transparaît aussi dans la fréquentation des structures de la ville. «Nous avons fait le constat dans les conservatoires, observe Emmanuel Grégoire. Nous avons le sentiment qu’ils ne touchent pas tous les publics possibles, notamment les milieux les plus défavorisés.»

Restitution des idées cet été

Cette grande consultation  visera donc à comprendre ce non-recours et trouver des axes d’amélioration. Elle sera complétée en parallèle d’une deuxième enquête sur les mêmes thématiques auprès des agents de la ville cette fois-ci. L’ensemble des propositions sera analysé du 13 février à la fin mars. «Puis jusqu’à fin juin, nous travaillerons sur les pistes d’évolution à retenir ou à approfondir.» La restitution au public des propositions est annoncée à l’été 2015.