Paris: Saïd Kouachi était «ambassadeur de tri sélectif» à la ville

ENQUETE Il y a travaillé de 2007 à 2009 dans le cadre du dispositif «emploi jeune», avant d'être remercié...

M.G.

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Saïd Kouachi, le plus jeune des deux frères auteurs de la tuerie dans la locaux de «Charlie Hebdo».
Saïd Kouachi, le plus jeune des deux frères auteurs de la tuerie dans la locaux de «Charlie Hebdo». — Uncredited/AP/SIPA

Saïd Kouachi a été salarié à la mairie de Paris. C'était entre 2007 et 2009. L'un des deux frères tueurs de Charlie Hebdo, travaillait alors au service propreté de la Ville, comme «ambassadeur du tri», rapportait Le Parisien la semaine dernière.

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Le jeune homme avait bénéficié d'un contrat aidé dit «emploi jeune», d'une durée de trois ans. Contrat qui n'est pas allé à son terme, puisqu'il a été renvoyé le 13 juillet 2009. Selon certains fonctionnaires, cités par le journal, les tuteurs qui s'occupaient de ces emplois jeunes parlent d'une personne «ingérable», qui «était déjà endoctrinée et se dirigeait vers un certain intégrisme».

Concernant son travail d'«ambassadeur du tri», celui-ci consistait, sous l'impulsion  de la mairie de Paris et de sa «volonté» écologique d'étendre le tri sélectif aux Parisiens, à aller voir les habitants au cours d'opérations de porte à porte.

Problèmes de comportement

Mais «cet agent a posé de multiples problèmes» se souvient Stéphane, un témoin dont le prénom a été changé cité dans les colonnes du Parisien. A l'intérieur de ces services de propreté de la Ville, il y a d'ailleurs eu «plusieurs dizaines de cas difficiles parmi les agents intégristes, dont Saïd Kouachi», détaille la même source.

Ce dernier évoque en effet des ambassadeurs qui «posaient des problèmes de comportement», «qui refusent de serrer la main aux femmes» ou qui amènent leurs tapis de prière et imposent de «revenir faire prier dans les ateliers».

«La ville a été alertée à plusieurs reprises»

Saïd Kouachi, qui a été déplacé quatre fois entre 2007 et 2009, a ainsi travaillé successivement dans les services de propreté des 20e, 9e-10e, 17e, 14e et 18e arrondissements de Paris, avant d'être remercié.

Toujours selon Stéphane, «la ville a été alertée à plusieurs reprises» sur cette thématique. Une charte sur la laïcité a même été affichée dans les ateliers et un stage d'une journée a été mis en place en 2013 pour soutenir les encadrants, rapporte le journal.