Paris: La Louve à 150.000 euros de réussir son pari d’un supermarché coopératif

CONSOMMATION Ce supermarché d’un autre genre pourrait ouvrir fin 2015 dans le 18e…

Fabrice Pouliquen

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Tom Boothe, AmÈricain installÈ ‡ Paris depuis 2002, est prÈsident des Amis de La Louve, association qui projette de lancer un supermarchÈ coopÈratif dans le 18e arrondissement de Paris.
Tom Boothe, AmÈricain installÈ ‡ Paris depuis 2002, est prÈsident des Amis de La Louve, association qui projette de lancer un supermarchÈ coopÈratif dans le 18e arrondissement de Paris. — F. Pouliquen / 20 Minutes

Il manque encore 150.000 euros aux Amis de la Louve pour avancer d’un grand pas. C’est tout l’objet de l’appel à souscription qu’ils lancent en ce moment sur leur site internet et qui court jusqu’à début février. «Vous pouvez soit faire un don, soit souscrire à l’association pour 100 € », explique Tom Boothe, président de l’association.

«Pas une petite épicerie, un vrai supermarché»

Mais mieux vaut prévenir d’emblée : souscrire, c'est devenir coopérateur et s’investir sur le long terme dans une drôle d’aventure. Les Amis de la Louve veulent mettre sur pied, ni plus ni moins,  le premier supermarché coopératif de la capitale fin 2015-début 2016. «Autrement dit, un supermarché sans client», raconte Tom Boothe.

Le bail n’est pas encore signé, mais les discussions sont bien avancées pour l’achat d’un local de 1.450 m² rue des Poissoniers (18e) et la Louve pourrait ouvrir fin 2015-début 2016. «On ne parle pas d’une petite épicerie, mais d’un vrai magasin proposant une gamme de produits tout aussi variés que les supermarchés classiques», insiste Tom Boothe.

Les coopérateurs tiennent la caisse, mettent en rayon, font le ménage...

Puisqu'il n'y a pas de clients, ce sont donc les coopérateurs qui déambuleront dans les rayons. La différence ? Ils ne feront pas qu'acheter leurs produits, répond Tom Boothe. Ils se chargeront aussi de les faire venir, de gérer les stocks, de passer commande », explique le président des Amis de la Louve. Chaque sociétaire devra donner trois heures de son temps, tous les mois, à la Louve. A 85%, ce sont des tâches pas très rigolotes : tenir la caisse, faire la mise en rayon, nettoyer ou tenir le bureau des coopérateurs, des choses très importantes pour un supermarché comme la Louve.

La contrepartie? Des prix bien inférieurs au marché. «De 15 à 50% moins chers par rapport à une grande surface classique», indique Tom Boothe. La Louve y parvient en économisant sur la main-d’œuvre, puisque seulement cinq salariés sont prévus pour l’ouverture. «Surtout, nous baissons les prix en minimisant les marges, poursuit Tom Boothe. Et les bénéfices sont réinjectés directement dans le magasin.»

Le modèle? Le Park Slop food coop à Brooklyn

La Louve sera un sacré défi à faire vivre dans le temps. Tom Boothe et Brian Horihan, qui portent ce projet depuis 2009, le savent très bien. Mais ce duo d’Américains installés à Paris n’invente rien pour autant. Leur modèle s’appelle «Park Slope Food Coop», un supermarché coopératif à Brooklyn qui fonctionne depuis 1973 (à découvrir ici en vidéo). Et plutôt très bien puisque le supermarché compte 16.000 coopérateurs. Mais il n’est pas besoin d’aller chercher les références si loin. «Notre fonctionnement n’est pas si éloigné des crèches parentales que l’on trouve à Paris et où, là aussi, les parents mettent la main à la pâte», estime Tom Boothe.

Les Amis de la Louve ont déjà réussi à fédérer 600 motivés autour de leur projet. «Il nous en faudrait 2.000 au lancement pour assurer l’équilibre de la structure», évalue le président de la Louve. Les financements aussi sont trouvés. «Les banques nous demandent juste d’apporter un capital de 150.000 euros pour débloquer les prêts », précise Tom Boothe. Voilà pourquoi cette souscription est si importante.