«Le travail dominical est néfaste à la vie sociale»

© 20 minutes

— 

Robert Rochefort est directeur général du Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) et spécialiste des questions de consommation. L’ouverture des magasins le dimanche est-elle une tendance inéluctable ? Non. Le phénomène, inspiré par nos voisins, va certes continuer de s’amplifier durant les cinq prochaines années. Mais il ne se généralisera pas pour autant. Les travailleurs du dimanche resteront toujours minoritaires. Quels peuvent être les freins à son développement ? Les résistances syndicales des salariés sont un premier facteur. De même, il ne faut pas sous-estimer le facteur spirituel. Même si l’Eglise catholique a perdu de son influence, le repos dominical fait partie de la culture française. Certains petits commerçants y sont également hostiles. Dans certaines zones, l’ouverture le dimanche n’est pas rentable. Enfin, le travail dominical est néfaste à la vie sociale des salariés. La réduction du temps de travail peut-elle malgré tout favoriser les ouvertures dominicales ? Je ne crois pas. Certes, la dérégulation du travail qui a accompagné les 35 heures facilite l’embauche des salariés le dimanche. Mais le temps libéré par la RTT permet désormais au consommateur de faire les boutiques en semaine. Le week-end est maintenant consacré aux activités de loisirs.