RER C: La reconstruction du poste d’aiguillage des Ardoines commence

TRANSPORT Mais pas de quoi pousser un «ouf» de soulagement. La circulation restera perturbée jusqu’à avril 2017, même si des améliorations sont prévues dès février…

Fabrice Pouliquen

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Yves Ramette, directeur gÈnÈral du gestionnaire díinfrastructure unifiÈ (GIU) RFF-SNCF et Alain Krakovitch, directeur du Transilien, font visiter le chantier de reconstruction du poste des Ardoines ‡ Jean-Paul Huchon, prÈsident du conseil rÈgional ce mercredi 7 janvier.
Yves Ramette, directeur gÈnÈral du gestionnaire díinfrastructure unifiÈ (GIU) RFF-SNCF et Alain Krakovitch, directeur du Transilien, font visiter le chantier de reconstruction du poste des Ardoines ‡ Jean-Paul Huchon, prÈsident du conseil rÈgional ce mercredi 7 janvier. — F. Pouliquen / 20 Minutes

«Il n’y aura pas de pose symbolique de la première pierre», prévient d’emblée Yves Ramette, directeur général du gestionnaire d’infrastructure unifié (GIU) RFF-SNCF en Île-de-France. Peu importe, l’essentiel, c’est que la construction d’un nouveau poste d’aiguillage aux Ardoines (Vitry-sur-Seine), après celui incendié le 23 juillet dernier, démarre ces jours-ci. «La phase d’étude est terminée, nous entrons dans la phase des travaux à proprement dite», poursuit Yves Ramette.

>> RER C: «Des améliorations insuffisantes» pour Daniel Guérin, conseiller régional

«15 rames perdues par jour»

L’annonce devrait intéresser les 540.000 voyageurs qui empruntent chaque jour la ligne. Car l’incendie n’est pas sans conséquence sur leur quotidien. Ce poste d’aiguillage commandait les entrées et sorties de trains du centre de maintenance des Ardoines, où 90% des rames de la ligne étaient entretenues. Un vrai poumon pour la ligne. Depuis, «cette maintenance doit être répartie entre six centres d’Île-de-France, ce qui entraîne des pertes de temps considérables, indique Alain Krakovitch, directeur général du Transilien. C’est bien simple, nous perdons 15 rames par jour depuis le 23 juillet. Plutôt que de transporter des voyageurs, ces 15 rames circulent à vide jusqu’aux différents centres de maintenance.»

Pas d’euphorie pour autant. On ne parlait ce mercredi matin que des premiers coups de pioche. Le nouveau centre d’aiguillage, qui permettra un retour à la normal du trafic, ne devrait pas être achevé avant avril 2017. «30 mois, c’est le meilleur délai qu’on puisse tenir pour la reconstruction d’un équipement de ce type», annonce Alain Krakovitch.

Trois secteurs problématiques

En attendant, il faudra faire avec moins de trains sur la ligne. Depuis juillet, 87% du trafic est assuré. Une moyenne globale qui cache en fait des réalités bien différentes. La circulation est d’ores et déjà normale sur certains tronçons de la ligne. Ailleurs, c’est nettement plus compliqué.

 

Le plan de la ligne du RER C - Capture d'écran / transilien.com

 

Trois secteurs sont particulièrement impactés. Deux sont au sud de Paris. Le tronçon entre la bibliothèque François-Mitterrand (BFM) et la Vallée de l’Orge n’est ainsi desservi que par un train tous les quarts d’heure au lieu de deux en heure de pointe. Le secteur BFM – Pont de Rungis n’a également qu’un train sur deux à certaines heures réduisant la fréquence à 30 minutes. Le troisième secteur, lui, est au nord de Paris, entre les arrêts Pontoise et avenue Kennedy. Sur ce tronçon, il y a quatre trains par heure en moyenne avec des trous de desserte pouvant atteindre 25 minutes.

Des rames en renfort achetées au Nord-Pas-de-Calais

Des améliorations sont toutefois annoncées dès le 1er février. «Grâce notamment à l’optimisation des trajets vers les centres de maintenance qui va nous permettre de dégager de nouveaux trains, précise Alain Krakovitch. Sept trains seront rajoutés en heure de pointe, sur la partie nord de la ligne, nous permettant de retourner à une cadence normale. Six autres trains seront rajoutés sur la partie Orly-Massy en pointe aussi.»

En revanche, il n’y a pas d’améliorations prévues en février pour la Vallée de l’Orge. «Mais le tronçon a déjà un train tous les quarts d’heures, poursuit Alain Krakovitch. Et d’autres améliorations devraient intervenir au cours de l’année 2015. La région a notamment acheté, pour 25 millions d'euros, six rames à la région Nord-Pas-de-Calais. Elles sont en cours de rénovation et seront intégrées progressivement au trafic. Mais ces rames ne profiteront pas tous au RER C, puisque deux au moins renforceront le RER D.