Paris: Pourquoi le chantier de la Samaritaine a de nouveau été arrêté

JUSTICE La cour administrative d'appel de Paris a confirmé ce lundi l'annulation du permis de construire...

M.G. avec AFP

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La Samaritaine, photographiée en 2010. Lancer le diaporama
La Samaritaine, photographiée en 2010. — L. Venance / AFP

Un coup d'arrêt en forme de coup de théâtre. La cour administrative d'appel de Paris a de nouveau stoppé, ce lundi, le chantier de rénovation du célèbre grand magasin La Samaritaine en confirmant l'annulation du permis de construire.

Le chantier, qui avait brièvement repris depuis mi-octobre, va de nouveau être interrompu, comme il l'avait été une première fois après l'annulation du permis de construire par le tribunal administratif, mi-mai. A l'origine du contentieux, deux associations, la Société pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France (SPPEF) et SOS Paris, qui s'inquiétaient de la transformation du bâtiment, appartenant au groupe de luxe LVMH, et du respect des règles d'urbanisme.

Le Conseil d'Etat devrait être saisi

Dès la mise à disposition de la décision, la Samaritaine et la mairie de Paris ont annoncé leur intention de saisir le Conseil d'Etat pour la contester. L'architecture extérieure du nouveau bâtiment prévu dans le projet «ne répond pas à l'obligation d'insertion de la construction projetée dans le tissu urbain environnant», selon les dispositions du plan local d'urbanisme de Paris, a considéré la cour administrative d'appel dans son arrêt.

Le projet prévoit ainsi pour la façade du nouvel édifice, longue de 73 mètres et haute de 25 mètres, un habillage de verre transparent, doté d'ondulations verticales de taille variable et sur lequel figurent des points blancs dont la densité va croissante de bas en haut.

Pour la cour, qui avait examiné cette affaire en formation plénière (réservée aux cas exceptionnels), «il ne ressort pas des pièces du dossier que ces ondulations puissent être regardées comme reproduisant le rythme des façades avoisinantes de la rue de Rivoli».

La ville maintient son soutien au projet

La cour a avant tout appuyé sa décision sur le non-respect du plan local d'urbanisme, «indépendamment de (la) qualité intrinsèque (du projet), qui n'est pas ici en cause», ont précisé les juges dans leur arrêt. «La Samaritaine tient à nouveau à exprimer son plus vif étonnement à la lecture de ce jugement», a indiqué la direction de l'établissement dans une réaction transmise à l'AFP.

«La ville maintient son soutien à ce projet de modernisation, qui concilie le respect du patrimoine porté par des architectes de renommée internationale et un engagement fort pour l'avenir du centre de Paris», a réagi de son côté la mairie de Paris.

«Une belle gifle»

Le président de la SPPEF, Alexandre Gady, a lui salué «une décision équilibrée», qu'il a voulu «dédier à toutes les associations, qui se mobilisent pour leur patrimoine, leur environnement, leur avenir». «C'est une belle gifle» pour le ministère de la Culture et la mairie de Paris, a-t-il estimé.

Ce nouveau coup d'arrêt menace de décaler encore la date de livraison du projet, initialement fixée à 2011, décalée quatre fois et récemment située en 2017 par le PDG de LVMH, Bernard Arnault. Le 15 juin, il y aura 10 ans que l'établissement a fermé ses portes pour subir une rénovation majeure, qui doit déboucher sur l'ouverture d'un nouvel espace comprenant des commerces, un hôtel de luxe Cheval Blanc, des bureaux, une centaine de logements sociaux et une crèche.

Le projet implique un investissement d'environ 460 millions d'euros et plus de 2.100 emplois.