Paris: Aux Champs-Elysées, un marché de Noël qui n'en aurait que le nom

COMMERCE Depuis plusieurs jours, le marché de Noël des Champs-Elysées est attaqué de toute part. Au grand dam de Marcel Campion, son créateur, et bon nombre des commerçants... 

Fabrice Pouliquen

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Le marché de Noël des Champs-Elysées est sous le feu des critiques cette année. Eric Azière, président du groupe UDF au Conseil de Paris, regrette notamment l'abondance des produits fabriqués en Chine sur les étals.
Le marché de Noël des Champs-Elysées est sous le feu des critiques cette année. Eric Azière, président du groupe UDF au Conseil de Paris, regrette notamment l'abondance des produits fabriqués en Chine sur les étals. — F. Pouliquen / 20 Minutes

Il y a quelque chose qui cloche au marché de Noël des Champs-Elysées. Est-ce les voitures, qui se déversent dans un flot continu le long de l’avenue, coupant le marché en deux? Est-ce la profusion de stands vendant gaufres, churros et hot-dog graisseux? Ou est-ce l'abondance, sur les étals, de produits fabriqués en Chine, comme le déplore Eric Azière, président du groupe UDF au Conseil de Paris au micro d'iTele?

Sûrement un peu des trois. Si les touristes de passage semblent s’en accommoder: «Le cadre est magnifique ici», retient en effet Locatelli, de Milan, les Franciliens, eux, tiquent de plus en plus. «Ils sont beaucoup à se plaindre cette année d'un manque de magie et d'authenticité autour de ce marché», observe une commerçante ambulante, présente toute l’année sur les Champs-Elysées. 

«Tout cela ne fait pas très Noël»

C'est vrai qu'on y perd facilement ses repères, entre les cabanes vendant des manteaux, des films protecteurs pour smartphones, des tablettes numériques ou des perches pour se prendre en selfie. Sans parler de ce restaurant brésilien, bien en évidence au milieu d’une allée. «Tout cela ne fait pas très Noël», regrette Christine, déçue de passage ce jeudi sur le marché. Tout comme Claude et Didier, venus de l’Oise: «On nous propose les mêmes stands qu’on trouve toute l’année dans les foires, renchérit Didier venu de l’Oise. Pour un marché de Noël, on s’attend à voir des fabricants de pains d’épices, de santons, de décorations de Noël…»

Il y en a pourtant sur ce marché, mais ils sont noyés dans la masse. «Sur 200 boutiques, on ne peut pas proposer non plus que des boules de Noël et du pain d’épices, s’insurge Michel Robin, vendeur de pâtisseries alsaciennes. S’il reconnaît que le marché de Noël des Champs-Elysées n’offre pas la même ambiance que celui de Strasbourg, une référence en la matière, il réclame toutefois un peu de patience: «nous n’avons que six ans d’existence et il ne faut pas croire qu’au marché de Strasbourg, il n'y a pas de vendeurs de coques pour smartphones.»

«Du made in China comme partout ailleurs»

Marcel Campion, lui aussi, monte au créneau pour défendre son marché. Le «Roi des forains» goûte très peu les reportages à charge parus ces derniers jours. «Les médias ne parlent que des produits made in Chine, explique-t-il à 20 Minutes. Il y en a sur le marché, c’est vrai, mais comme il y en a partout ailleurs aujourd'hui. En revanche, personne ne parle des 41 artisans d’art que nous avons réunis ni du marché gourmand créé cette année, pour valoriser la gastronomie régionale.»

Marcel Campion dit en être fier, ces artisans n’étant pas toujours facile à venir: «J’aimerais en avoir vingt de plus mais on se plie en quatre pour les attirer. Pour 300 euros par semaine, ils ont un chalet, de la lumière, des vigiles la nuit...»

Un marché «triste comme Paris»?

Le hic, c’est peut-être que ce marché est à l’image de Paris: «Triste, lance, désabusé Christian Lagardère, le créateur du casse-tête Bozo-Bozo qu’il vend chaque année sur ce marché. Ce n’est pas une question de stands, on retrouve les mêmes à Londres, Berlin ou ailleurs. Mais là-bas, les gens sont plus joyeux, ils savent faire la fête.»

Marcel Campion promet d’essayer d’égayer encore plus son marché. «Il y a déjà une patinoire, du théâtre pour enfant, des spectacles de Père Noël chaque jour. Et le 4 janvier, jour de clôture, nous organisons une grande parade avec des compagnies de cirque le long des Champs-Elysées.»