Manifestation des chauffeurs de taxis: La mobilisation de ce lundi sera-t-elle suivie?

GREVE DES TAXIS Des associations de chauffeurs de taxis appellent à la grève ce lundi contre Uberpop. Mais la mobilisation est incertaine, plusieurs fédérations et syndicats préférant laisser passer les fêtes de Noël…

Fabrice Pouliquen
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Taxi de France, le Collectif des taxis parisiens (CTP) et l’Association française des taxis (AFT) appellent les chauffeurs de taxis parisiens à la grève ce lundi 15 décembre dès 5h.
Taxi de France, le Collectif des taxis parisiens (CTP) et l’Association française des taxis (AFT) appellent les chauffeurs de taxis parisiens à la grève ce lundi 15 décembre dès 5h. — VINCENT WARTNER / 20 Minutes

Alors bouchons ou non ce lundi 15 décembre? «Vous verrez bien», rétorque Yassim Kerkour, chauffeur de taxi parisien agacé. Il est membre de Taxi de France, l’une des associations avec le Collectif des taxis parisiens (CTP) et l’Association française des taxis (AFT) qui invite la profession à la grève ce lundi en Île-de-France. Ils veulent dénoncer le refus par le tribunal de commerce de Paris d’interdire UberPop, le service controversé d’Uber qui permet de mettre en relation des passagers et des automobilistes qui ne sont pas des chauffeurs professionnels.

Même dispositif qu’en février et en juin

Sur le papier, le dispositif prévu est semblable à celles du 10 février ou du 11 juin dernier, lorsque des manifestations de chauffeurs de taxis, déjà contre Uber, avaient paralysé le trafic parisien. «Dès 5h, nous seront aux aéroports de Roissy et d’Orly ainsi qu’à la porte Saint-Cloud pour bloquer les accès vers Paris», indique Ibrahima Sylla, président de Taxi de France. «Des cortèges partiront ensuite vers 7h de ces trois endroits pour rejoindre Paris en opération escargot », poursuit  Ahmed Senbel, président de la Fédération parisienne des taxis de Paris (FTI-75). Le point de ralliement est prévu place Vauban, dans le 6e arrondissement.

«Ne pas déranger les Parisiens à l’approche de Noël»

Mais la mobilisation reste toutefois incertaine. Des fédérations de taxis ont décidé de ne pas se joindre au mouvement. La Fédération nationale du taxi notamment, ou encore l’intersyndicale des chauffeurs de taxis composée de la CFDT,  la CGT, FO, le SDCTP (Syndicat de défense des conducteurs du taxi parisien) et  le CST. C’était pourtant cette intersyndicale qui avait déclenché les hostilités en février dernier, mais cette fois-ci, une mobilisation à l’approche des fêtes de Noël n’a pas été jugée judicieuse. «Nous ne voulons pas déranger  les gens alors qu’ils sont en train d’acheter leurs cadeaux», indique à l’AFP Nordine Dahmane, représentant FO.

Mais pour Yassim Kerkour ou Ibrahima Sylla, la grogne n’attend pas. «L’application UberPop est déjà interdite aux Pays-Bas, en Espagne ou en Inde qui jugent qu’elle instaure une concurrence déloyale, s’exclament-ils. Mais en France, on laisse faire ce travail au noir. La décision du tribunal de commerce est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Nos chiffres d’affaires ont chuté de 40% depuis décembre 2013, une baisse qu’on peut impacter en grande partie à l’essor d’Uberpop.»

«Dépasser l’immobilisme des syndicats»

Les associations de taxis appelant à la grève restent toutefois optimistes sur l’ampleur de leur mobilisation lundi. «Nous nous sommes de toute façon créée pour dénoncer l’immobilisme des syndicats», précise Yassim Kerkour. «Et même sans  l’intersyndicale, nous avons une base suffisante de chauffeurs, rappelle Ahmed Senbel. Rien qu’à la FTI-75, nous sommes 900.» De quoi créer quelques bouchons.

Des manifestations plutôt en janvier?

Les fédérations de chauffeurs de taxis ne prenant pas part à la mobilisation de ce lundi 15 décembre parlent de se mobiliser plus courant janvier. Des réunions sont prévues ces lundi et mercredi pour décider d’un éventuel mouvement une fois les fêtes passées.