IDvroom : La SNCF veut doper covoiturage de courte distance

COVOITURAGE La compagnie ferroviaire lance ce mardi une plateforme de covoiturage dédiée aux petits trajets et multiplie les incitations pour faire décoller le service…

Fabrice Pouliquen

— 

Le covoiturage se structure de plus en plus sur les courtes distances. La SNCF lance ainsi ce mardi 9 septembre iDvroom.
Le covoiturage se structure de plus en plus sur les courtes distances. La SNCF lance ainsi ce mardi 9 septembre iDvroom. — Philippe Desmazes AFP

C’est encore une page blanche où tout reste à faire. A commencer par convaincre les automobilistes de s’y mettre. Mais le marché du covoiturage courte distance se structure peu à peu en France. Il y avait déjà Covivo, Wedrive ou Wayz Up. Ce mardi, la SNCF s'ajoute à la liste en lançant officiellement iDvroom, son site Internet (doublé d'une application mobile) dédié au covoiturage sur les trajets courts. «Nous visons les trajets domicile-travail, l’accès aux gares ou encore aux zones d’emploi et centres commerciaux mal desservis par les transports publics», détaille Alain Krakovitch, directeur de SNCF Transilien.

Jusqu’à 1.174 euros à économiser par an ?

Le marché est encore loin des chiffres affichés par Blablacar, le spécialiste du covoiturage longue distance, qui revendique les 10 millions de membres. «Les freins sont plus nombreux en courte distance, justifie Julien Honnart, fondateur de Wayz Up. Or, pour que ça marche, il est essentiel de constituer une communauté suffisante, pour que les covoiturés trouvent des trajets et les covoitureurs des passagers.»

Pour y parvenir, le premier obstacle à franchir est financier. Sur des petits parcours, le covoitureur amortit moins le coût de son trajet. Pour qu'il y ait un réel effet sur le porte-monnaie, il faut être régulier. «Nous avons fait le calcul sur un trajet Rungis-Paris de 20 km, raconte Olivier Demaegdt, directeur général d’iDvroom. A l'année, le conducteur peut économiser 1.174 euros en prenant deux covoitureurs.»* «Un calcul vraisemblable, estime Julien Honnart. Un covoitureur régulier sur la courte distance peut économiser l’équivalent d’un petit mois de salaire. Ce n’est pas rien.»

Des services pour inciter à être régulier

Mais pas facile d’être régulier sur les trajets du quotidien. Les horaires changent souvent et les détours pour aller chercher ou déposer les covoiturés sont plus difficiles à faire avaler. Du coup, les plateformes de covoiturage proposent à leurs usagers des services supplémentaires pour dépasser ces contraintes. Ainsi que des outils pour faciliter les comptes et les paiements entre covoitureurs, ou des solutions pour entrer des adresses précises dans les itinéraires.

La SNCF entend aussi réserver aux covoitureurs Idvroom des places de parking dans 44 gares d’Île-de-France régulièrement saturées d’ici le printemps 2015. Un macaron leur sera fourni. Des incitations financières seront aussi instaurées. «Les conducteurs qui proposent un trajet sur le site bénéficient d’une remise de 20 euros sur leur révision auto chez Norauto, annonce Alain Krakovitch. Pour les trajets en covoiturage réalisés pendant des travaux affectant la circulation des trains en Île-de-France, les passagers abonnés au Navigo et qui payeront en ligne seront remboursés de la valeur du trajet effectué et payé au conducteur.»

La solution pour les nombreux travaux à venir sur le transilien?

De quoi faire décoller la plateforme? «Les potentiels intéressés sont nombreux», assure Barbara Dalibard, directrice générale de SNCF Voyages. A commencer par les Franciliens qui seront impactés par les 70 chantiers travaux programmés sur le Transilien d'ici mars prochain. «150 gares seront impactées, prévient Alain Krakovitch. Des bus de substitutions seront toujours assurés, mais le covoiturage est aussi une solution.» La SNCF va vous faire aimer la voiture…

*«En prenant comme base un prix de revient kilométrique de 0,20 euro et en supposant que l'aller-retour est réalisé 220 fois dans l'année, soit le nombre de jours travaillés, le coût annuel du trajet revient à 1.760 euros pour le conducteur, détaille Olivier Demaegdt. En prenant deux covoitureurs, il ne paiera plus que 586 euros, soit une économie de 1.174 euros.»