Royal dénonce «l’exclusion honteuse» des enfants de la cantine

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«Les enfants ne doivent jamais être les victimes d'une situation dont ils ne sont pas responsables.» Ségolène Royal s'est élevée mercredi contre «l'exclusion honteuse» de neuf élèves de la cantine d'une école maternelle à Maincy (Seine-et-Marne), lundi et mardi. «Il est impensable qu'aujourd'hui de très jeunes enfants soient pris en otages et soient traités de cette façon traumatisante pour eux», a estimé la candidate socialiste.

En retard le 2 avril

Lundi, neuf enfants âgés de 3 à 6 ans ont été nourris au pain et à l'eau. Motif invoqué par la mairie : un retard de paiement de la part de leurs parents, les trente repas à venir devant être réglés en début de mois. «Mais peut-on vraiment parler de retard le 2 avril?», s’étonnait une maman dont le fils n’avait pas eu de repas.

«On a regroupé les enfants concernés et on leur a dit qu'il fallait gronder leurs parents. C'est un procédé ignoble. On doit s'en prendre aux parents, pas aux enfants», a ajouté Mme Diez, membre de l'association de parents d'élèves Ensemble pour l'école.

«Depuis dix ans, le règlement stipule que seul le paiement d'avance des repas vaut réservation, et nous l'avons rappelé encore récemment», a rétorqué Pascale Coffinet, maire du village. «Nous sommes très souples: nous commandons les repas 48 heures à l'avance, à un prestataire, en fonction du nombre de réservations que nous avons, ce qui permet aux parents de prendre leurs enfants ou de les laisser en fonction de leur agenda». Et d’ajouter : «Lundi, il manquait neuf repas, et légalement nous n'avions pas le droit d'aller acheter quelque chose aux enfants, en cas d'allergie. Notre tort a été de prendre ces enfants à midi. Les instituteurs auraient dû les garder et appeler les parents négligents».

Sandwichs

Mardi, cinq enfants de l'école primaire dont les parents n'avaient pas encore payé les repas ont été nourris grâce à des sandwichs achetés par l'association de parents, a précisé la mairie.