Londres séduit encore plus que Paris

ECONOMIE Une étude sur l’attractivité économique de15 régions-capitales européennes classe Paris deuxième...

Sophie Caillat

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Médaille d’argent. Après être passée devant Londres en 2005 en termes d’attractivité économique, l’Ile-de- France a repris en 2006 la deuxième position, selon le classement établi par Ernst & Young pour le compte de Paris Ile-de-France Capitale Economique, et révélé hier. Le cabinet d’études mesure depuis dix ans les implantations d’entreprises dans les quinze «régions-capitales» européennes. « L’Ile-de-France détient 19 % des parts de marché des implantations internationales, assez loin derrière Londres qui en prend 25 % », résume Thierry Jacquillat, le président de cette association qui réunit une centaine d’entreprises françaises. Le nombre total des implantations étrangères dans les grandes métropoles européennes a crû de 22 % en 2006, et « nous n’en avons absolument pas profité », regrette-t-il. L’adjoint aumaire de Paris en charge de l’Economie et des Finances, Christian Sautter, nuance ces chiffres: « On a presque toujours été derrière Londres, mais on est de plus en plus près, et siLondres a fait une belle accélération en 2006, Paris n’a pas reculé. » La conjoncture a pu jouer en défaveur de la région : depuis 2005, Paris, en plus de n’avoir pas été choisie pour organiser les Jeux olympiques de 2012, aurait pâti des émeutes en banlieue et de la crise du CPE. L’élection présidentielle pourrait aussi générer un certain attentisme. La prédominance des Etats-Unis dans l’origine de ces implantations étrangères — 40 % du total — expliquerait aussi ce classement : Londres a encore les faveurs de son grand frère d’outre-Atlantique. Passé colonial oblige, Paris n’arrive pas non plus à séduire les entreprises indiennes, dont l’implantation à l’étranger est en forte progression. En revanche, Paris a capté le quart des implantations chinoises en Europe depuis 2002. « Mais il est indispensable de focaliser sur les pays émergents, Inde, Brésil, Chine et Russie, note Thierry Jacquillat, car plus de 40% de leurs investissements se sont dirigés vers le Grand Londres. »