Une étude qui devrait enfin faire du bruit

ALESIA-MONTSOURIS Les habitants de ce quartier sont sujets à des nuisances sonores causées par le RER B...

Sophie Caillat

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Dix ans et un certain nombre de nuits agitées après la création de la zone d'aménagement (ZAC) Alésia-Montsouris (14e), une étude vient de reconnaître la gêne réelle de ses habitants. Dans le fond des impasses donnant sur la très cossue avenue René-Coty, des habitants vivent avec le RER B, son bruit et ses vibrations. C'est un « zoning social », s'emporte René Dutrey, président du groupe Verts au Conseil de Paris et élu du 14e arrondissement. Il dénonce « le cynisme qui a consisté à construire des logements sociaux, au lieu de bureaux, comme mur antibruit de logements privés ». Grâce au voeu qui a été adopté mardi dernier en Conseil de Paris, il espère obtenir réparation. Sur place, les victimes se sont résignées : « Il faut dire que 870 € pour 76 m2, c'est trois fois moins que le prix moyen dans le quartier », explique un couple. Habitant au 6e étage, ils ne sont pas les plus mal lotis, même s'ils ne dorment qu'après le passage du 23 h 30, celui qui démarre en grande trombe et fait vibrer tout l'immeuble, et jusqu'à 5 h 20, heure du premier train.Au 1er étage d'une autre HLM, un père de famille, imite parfaitement le « bzzz » du train qui stationne à quelques mètres des fenêtres de sa salle à manger. Et d'égrainer la longue liste des « petites nuisances : les trains remplis de travailleurs qui regardent mes enfants prendre le petit déjeuner à 7 h, les vigiles avec leurs chiens qui passent sur les voies, les wagons taggés dans le paysage, les détritus laissés le long du grillage, les roues qui tapent et font claquer des dents... on s'habitue, mais on s'habitue mal. »

normes L'étude acoustique et vibratoire menée par le cabinet DS2 International a relevé des niveaux de bruit dépassant de six à soixante fois les normes standards lors des passages des trains de nuit. Le voeu adopté en Conseil de Paris demande la mise en oeuvre des préconisations du rapport : travaux de mise en conformité de façades et modification de la circulation sous les fenêtres des riverains. La RATP, qui exploite les voies et possède des immeubles, est en première ligne.