A Fontainebleau, un télécentre pour penser le travail de demain

TELETRAVAIL En Ile-de-France, les télécentres poussent comme des champignons pour permettre aux actifs de travailler au plus près de chez eux. Fontainebleau (Seine-et-Marne) a le sien depuis deux mois...

Fabrice Pouliquen

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Le 27 novembre 2014, des travailleurs indÈpendants de la rÈgion de Fontainebleau travaillent dans le centre de tÈlÈtravail Stop&Work ouvert le 2 octobre dernier sur la commune. Lancer le diaporama
Le 27 novembre 2014, des travailleurs indÈpendants de la rÈgion de Fontainebleau travaillent dans le centre de tÈlÈtravail Stop&Work ouvert le 2 octobre dernier sur la commune. — F. Pouliquen / 20 Minutes

Il ne manque plus que les télétravailleurs. Sinon, tout est prêt au Stop & Work de Fontainebleau (Seine-et-Marne), un télécentre urbain ouvert le 2 octobre. Sur 1.200 m², le bâtiment de couleur ocre propose 100 postes de travail dans un cadre idyllique. Wifi, salles de réunion, système de visioconférence, cuisine, casiers, bureaux à l’ergonomie travaillée… Le centre n’a rien à envier aux espaces de co-working parisiens.

En jeu: du gain de temps

La différence tient dans l’adresse, au beau milieu d’une zone résidentielle. C’est qu’ici la cible est le salarié bellifontain, qui part chaque matin travailler à Paris. «Ils sont 6.000, note Philippe Dorin, élu de la communauté de communes du Pays de Fontainebleau propriétaire des lieux. Mais combien ont-ils vraiment besoin de se rendre dans leurs entreprises pour travailler? Ceux qui sont dans le tertiaire pourraient très bien travailler à distance, ici à Stop & Work.»

Le fameux télétravail, un concept en vogue mais qui peine à se faire une place en France. A Fontainebleau, 60 km au sud-est de Paris, l’enjeu est de taille. «En train, il faut 45 minutes pour rejoindre la gare de Lyon, sourit Martine Sondervorst, qui gère le Stop & Work. Et en voiture, on ne sait jamais à quelle heure on arrive.» Du gain de temps, voilà ce qu’offre le télécentre aux actifs bellifontains. «Jusqu’à 1h30, évalue Cédric Falgas, directeur général de Stop & Work. Un temps que le salarié réaffecte pour moitié dans son entreprise et pour moitié dans sa vie personnelle.»

Des télétravailleurs encore absents

Malgré l’argument, le Stop & Work de Fontainebleau ne compte encore aucun télétravailleur. Le centre est  occupé à 30%, mais par des jeunes entreprises attirées par la flexibilité des offres de location de bureau ou des travailleurs indépendants qui, pour 32 euros par mois, viennent quand ils veulent briser la solitude éprouvée à travailler chez soi. «Il y a aussi ce chef d’entreprise qui s’arrête régulièrement tôt le matin pour travailler avant de reprendre la route pour Paris, une fois les bouchons dissipés», explique aussi Martine Sondervorst.

«Nous avons pourtant reçu des demandes d’informations d’entreprises réfléchissant à louer des bureaux qu’occuperaient des salariés de la région au moins un jour par semaine, indique Martine Sondervorst. Mais aucune n’a franchi le pas. Des freins persistent encore. Les entreprises craignent notamment que leur salarié soit moins efficace sur leur journée télétravaillée.»

Des télécentres qui poussent comme des champignons

Une question de temps? Peut-être. En tout cas, le secteur privé n’hésite plus à s’emparer de ce marché tout juste émergent. Stop & Work n’est ainsi rien d’autres que la nouvelle filiale créée par Régus, spécialiste de l’immobilier de bureaux, pour développer un réseau de tiers-lieux en Île-de-France. «Fontainebleau est le premier mais une quinzaine de télécentres est prévue dans les prochaines années autour de Paris, annonce Cédric Falgas. Tous se feront en s’associant avec des collectivités locales.»

Nexity aussi est sur le coup avec son réseau Blue Office, en plein déploiement en cette fin 2014. Tout comme Multiburo ou Startway. La SNCF y voit aussi un intérêt pour désengorger ses trains. Le 15 décembre, la compagnie ferroviaire boucle un appel d’offres pour la construction de 12 tiers-lieux à proximité des gares franciliennes à l’horizon 2016. Une première étape, la SNCF en prévoyant une cinquantaine à terme. 

Un peu de vocabulaire

Tiers-lieu, télécentre, espace de co-working.... Pas facile de s'y retrouver entre tous ces termes d'autant qu'ils désignent des concepts très proches. Les télécentres et les expaces de co-working désignent tout deux des espaces de travail (bureau individuel ou collectif) mis à disposition de travailleurs indépendants ou de salariés nomades. «Pour les centres en grandes couronnes, de plus de 240m², on parle alors plus souvent de télécentres car la cible est bien souvent le salarié en télétravail», indique Anne-Sophie Calais, directrice d'Initiatives Télécentre 77 qui impulse la création de télécentre en Seine-et-Marne. 

Quant à «tiers-lieu», le terme est tout récent et désigne tout simplement les télécentres et les espaces de co-working. Il y en a 94 en tout en Île de France.