Nouveau toit, nouvelle vie à Ivry

LOGEMENT Comme de vraies maisons. «D'abord, il y a un toit», dit Marie, qui rappelle l'essentiel après quatre années...

Michaël Hajdenberg

— 

Comme de vraies maisons. « D'abord, il y a un toit », dit Marie, qui rappelle l'essentiel après quatre années passées à dormir dehors près du périph. Et puis une douche - « quand on se présente à un employeur, c'est mieux de ne pas puer » -, une cuisine tout équipée, une table, un canapé et deux chambres pour permettre aux pères d'exercer leur droit de garde le week-end. Marie parle d'un « rêve ». Jacques Deroo aussi. C'est lui, au nom de l'association Coeur des Haltes, qui pilotera ce « village de l'espoir » de trente bungalows meublés qui s'est ouvert hier sur un terrain de l'Etat à Ivry-sur-Seine (94), et destiné à 58 sans-abri.Il aura fallu dix-huit ans pour que soit mise en oeuvre cette « passerelle » entre la rue  et un appartement, imaginée par Deroo pour ceux qui  ont besoin de réapprendre  à « vivre » : faire la cuisine,  le ménage, économiser. Car  à Ivry, rien ne sera gratuit : le loyer sera par exemple de 60 € quand on en gagne 400. Des équipes socioculturelles seront là pour aider. « Cette fois, les structures s'adaptent aux personnes et pas l'inverse », explique Deroo, qui a voulu que les chiens et l'alcool soient autorisés. « Ça ne sert à rien de retrouver les gens dehors avec un litron de rouge. » Chacun des bungalows d'environ 40 m2 a coûté 26 000 €. « C'est cher mais beaucoup moins que de reconstruire les mêmes dispositifs qui ne fonctionnent pas, dit Deroo. Certains diront qu'un tel confort est aberrant pour des SDF, mais pourquoi le social devrait-il toujours être insalubre ? » Le projet, expérimental, est prévu pour une année.

population Au total, 60 % des villageois, qui vont s'installer à Ivry, cinq par cinq dans les prochains jours, auront transité par le canal Saint- Martin (10e) à Paris. 50 % travaillent déjà.