La police municipale monte au front contre les agressions

VIOLENCES La colère monte chez les policiers municipaux d'Ile-de-France. Révélée hier, l'agression jeudi dernier d'une policière...

Mickaël Bosredon

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La colère monte chez les policiers municipaux d'Ile-de-France. Révélée hier, l'agression jeudi dernier d'une policière à Emerainville (Seine-et-Marne) survient quelques jours après qu'un agent a reçu une balle dans la jambe à Etampes (Essonne). Le projectile avait été tiré par un fusil à lunette 22 Long Rifle, alors que la police interpellait un homme après des violences urbaines.A Emerainville, Suzanne,  47 ans, a été passée à tabac trois heures après l'interpellation d'un jeune homme pour une affaire de caillassage. L'enquête n'a pas encore pu déterminer s'il existait un lien entre cette interpellation et l'agression. Nez cassé, traumatisme  crânien, enfoncement de la cage thoracique : « J'ai été massacré », raconte Suzanne, en poste depuis deux ans à Emerainville. Il était environ 17 h 30 jeudi dernier. Elle marchait avec un collègue,  le long du quartier sensible de la ville. « On retournait  au poste. Puis on est tombé sur un groupe de cinq personnes, cagoulées, qui sortaient d'un fourré. L'un a sorti  une bombe lacrymogène. J'ai  mis la main à mon arme, mais  je me suis ravisée », poursuit  la policière. Alors qu'elle cherche à s'enfuir, l'un des agresseurs la met à terre. « J'ai pris des coups à la tête, dans les côtes. Puis ils m'ont sauté dessus à pieds joints. » Les deux policiers finissent par trouver une échappatoire. Suzanne s'est vue prescrire onze jours d'ITT.Aujourd'hui, le syndicat de police Union nationale des agents de police municipale (UNAPM) dénonce par la voix de son représentant en Ile-de-France, Arnaud Libert, « un quotidien de plus en  plus violent. » « En banlieue, les effectifs de police nationale sont insuffisants. Du coup la municipale occupe  de plus en plus le terrain », explique-t-il. Le maire de la ville, l'UMP Alain Kelyor, déplore de son côté les conditions de vie qui se dégradent dans le quartier sensible de la ville. « Une partie des jeunes veulent en faire un ghetto, et la chasse au flic devient leur préoccupation principale. » Une marche silencieuse partira de la mairie samedi  à 14 h 30.