Bataille rangée à la gare du Nord

VIOLENCES Plusieurs centaines de jeunes ont affronté les forces de l’ordre hier après un contrôle de billet...

Magali Gruet et Michaël Hajdenberg

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Début d'émeute et arrestations en chaîne hier à la gare du Nord. La station a été le théâtre de violents affrontements entre plusieurs bandes de jeunes, et des policiers. Jusqu'à 300 personnes ont participé aux violences, perturbant fortement le trafic des lignes 4 et 5 du métro, qui ne s'arrêtaient plus à cette gare. A 22 h 30, plus d'une centaine de jeunes faisaient toujours face aux policiers, même si la situation avait « tendance à se calmer » selon la préfecture de police : « c'est tendu, mais ce ne sont pas des affrontements directs ». Après plusieurs départs de feu, de la fumée se répandait dans les travées mais la gare restait toujours ouverte pour permettre aux derniers voyageurs bloqués sur place de regagner leur domicile.L'histoire a commencé vers 17 h 30, et deux versions s'affrontent. Des témoins parlent d'un jeune homme « qui se serait fait contrôler par deux agents RATP car il est passé sans ticket au tourniquet « La scène aurait mal tourné, les gendarmes seraient intervenus, et il se serait retrouvé à terre, le « bras cassé « Pour les policiers, « un homme de 33 ans s'en est est pris à deux agents de la RATP « qui ont appelé du renfort. Mais l'homme n'aurait « aucunement été blesséEnsuite les versions se rejoignent : un « groupe de personnes s'interpose pour empêcher son interpellation », raconte la police, les insultes fusent. « Les gendarmes sortent les bombes lacrymo », selon des témoins. Le jeune est interpellé et emmené dans un local RATP. Mais des groupes veulent en découdre et, aux cris de « Sarkozy enculé », jettent des objets sur les policiers : poubelles, bouteilles, pots de fleurs... Les distributeurs sont bientôt dévalisés, le magasin de chaussures Foot Locker est fracturé. Les jeunes, non cagoulés, se servent. Les escalators sont brisés, et des ordinateurs dérobés dans un local d'accueil. Mohammed, vendeur de téléphones portables dans la gare, voit certains casseurs s'en prendre à sa vitrine. Pour « protéger (ses) biens », il assure qu'il compte « passer la nuit sur place avec (ses) frères ».Les policiers, en civil et en uniforme, coursent les jeunes, dont une grande partie de filles, et procèdent à des interpellations en flagrant délit, sous le regard interloqué des voyageurs bloqués dans la gare. Les forces de l'ordre avaient en effet du mal à établir une stratégie pour faire évacuer les lieux. Au niveau -2 de la gare, on dénombre quelques 36 escaliers et 15 escalators, donc autant d'issues offertes aux émeutiers pour se dérober. Et les policiers ne disposaient pas du matériel nécessaire pour les bloquer. Hier soir, la préfecture faisait état de neuf interpellations.