Paris : Les coiffeuses sans papier pourront rester dans le QG

SOCIAL Un salon de coiffure est occupé par une quinzaine d’anciennes employées sans papier depuis juillet…

Oihana Gabriel

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Paris, le 23 octobre 2014, des coiffeuses sans papier occupent depuis juillet le salon dans lequel elles travaillaient et accusent leur ancien patron d'escalavage.
Paris, le 23 octobre 2014, des coiffeuses sans papier occupent depuis juillet le salon dans lequel elles travaillaient et accusent leur ancien patron d'escalavage. — O. Gabriel / 20 Minutes

Une bouffée d’oxygène. Les 15 coiffeuses sans papier qui occupent un salon de coiffure depuis juillet boulevard de Strasbourg dans le 19e arrondissement de Paris risquaient de devoir plier bagage. Le tribunal administratif de Paris devait se prononcer sur une possible expulsion ce jeudi 6 novembre de ces personnes qui dénoncent depuis des mois des conditions de travail digne d’un esclavage. Et un système d’exploitation des sans papiers vaste à Château d’Eau.

Elles ne seront pas expulsées

Selon un communiqué du groupe communiste Front de Gauche, elles ont obtenu une première victoire. «On apprend aujourd’hui suite à une décision de justice que les coiffeuses et manucures en lutte à château d’eau du 57 ne seront pas expulsées de leur local. Le PCF, ses élus et militants, réaffirment leur engagement sans faille pour que les lois de la République soient appliquées dans ce secteur du 10ème arrondissement. De même, ils continueront d’agir avec d’autres pour que ces travailleuses et travailleurs soient protégés en obtenant entre autres une régularisation de leur situation.»

«On a pris des risques»

Depuis le 24 juillet, date du début de l'occupation du local, les coiffeuses se relaient pour dormir au 57 boulevard de Strasbourg. «On a pris des risques alors c'est important d'être en groupe, expliquait fin octobre à 20 Minutes Fatou, l’une des coiffeuses en lutte. On restera jusqu’à l’obtention de nos récépissés qui nous permettront de travailler décemment, où on veut et dans le respect du droit. Ici, c’était de l’esclavage!»