Paris: M.CHAT espère «faire bouger les lignes» lors de son procès contre la RATP

JUSTICE Le street-artist comparaît ce mercredi, pour avoir dessiné de gros chats jaunes sur les murs de la station de métro Châtelet...

Mathieu Gruel

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L'un des chats jaunes dessinés dans les couloirs de la station Châtelet du métro parisien par Thoma Vuille, qui doit comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris, le 28 octobre 2014.
L'un des chats jaunes dessinés dans les couloirs de la station Châtelet du métro parisien par Thoma Vuille, qui doit comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris, le 28 octobre 2014. — WITT/SIPA

M.CHAT retombera-t-il sur ses pattes? Le street-artist, connu pour peindre de gros chats jaunes et souriants, doit comparaître ce mercredi matin devant la 29e chambre du tribunal correctionnel de Paris. De son vrai nom Thoma Vuille, l'artiste franco-suisse est poursuivi à la suite d'une plainte de la RATP, déposée pour une dizaine de dessins réalisés en mai sur les murs en travaux de la station du métro Châtelet, à Paris.

Une «procédure systématique», a expliqué la RATP à 20 Minutes. «Chaque signalement est obligatoirement transmis à cellule TAG-Police et suivi d’une plainte contre X pour dégradation, sans appréciation de la qualité artistique des actes concernés», a détaillé la régie de transports.

Soutien sur la toile

De quoi laisser M.CHAT «un peu paumé» et perplexe, quant à «la politique culturelle de la RATP», a-t-il reconnu auprès de 20 Minutes la veille de l'audience. Détaillant son geste comme «une blague» «destinée à faire sourire les usagers du métro», M.CHAT, qui avait d'abord refusé de payer les 1.800 euros que lui réclamait la RATP, redoute maintenant de servir d'exemple.

Malgré le soutien reçu sur la toile, où quelque 20.000 personnes ont signé une pétition en sa faveur, Thoma Vuille avoue que cette histoire l'a «un peu calmé. Depuis, je n'ai pas repeint dans le métro». A défaut, il était invité ce mardi à peindre un mur, rue Glacière dans le 13e. Un arrondissement dont le maire, Jérôme Coumet, doit d'ailleurs témoigner au procès de ce mercredi.

 

Contacté par 20 Minutes, ce dernier espère que «le tribunal saura se montrer clément et sensible» envers M.CHAT, à qui il avait d'abord manifesté son soutien sur Twitter, avant de le rencontrer personnellement. Le maire, qui salue également le «courage de l'artiste» dans cette histoire, espère que ce procès «provoquera quelque chose de positif», estimant que «les choses avancent avec la RATP, notamment pour faire évoluer les aires de street-art».

«Sourire grinçant»

Du côté de maître Agnès Tricoire, l'avocate de Thoma Vuille, on reste également confiant. Estimant que «l'acte d'accusation est rédigé n'importe comment, mettant en avant deux dispositions contradictoires», l'avocate souhaite demander la nullité de la procédure, avant de plaider la relaxe de son client dans cette «affaire menée en justice de façon négligée».

En attendant, M.CHAT, qui dit risquer «30.000 euros d'amende et trois ans de prison», se prépare au pire mais espère que le procès permettra de «faire bouger les lignes» et avancer la cause du street-art. Soumis dans le même temps, et «comme par hasard», à un contrôle fiscal, l'artiste n'a d'ailleurs pas prévu de déposer les pinceaux. De nouveaux chats vont donc continuer à voir le jour, mais «avec un sourire qui sera de plus en plus grinçant», prévient-il.