Grand Paris Express: Retard sur le prolongement des lignes 12 et 14… Et après ?

TRANSPORT Le prolongement au nord des deux lignes de métro ne sera terminé qu’en 2019 et non en 2017 comme initialement prévu. Pourquoi ? Qui est impacté ? Quelles conséquences pour le Grand Paris Express?...

Fabrice Pouliquen

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Le 18 decembre 2012,  la ligne 12 fêtait son premier prolongement jusqu'à l'arrêt Front Populaire. La deuxième phase devait suivre pour 2017. Cela sera finalement en 2019. Lancer le diaporama
Le 18 decembre 2012, la ligne 12 fêtait son premier prolongement jusqu'à l'arrêt Front Populaire. La deuxième phase devait suivre pour 2017. Cela sera finalement en 2019. — VINCENT WARTNER / 20 Minutes

Les rumeurs circulaient depuis plusieurs mois. Depuis jeudi, c’est officiel. Le prolongement au nord des lignes 12 et 14 n’est plus prévu pour 2017 mais pour 2019 a annoncé, jeudi, la RATP. Qu’est-ce que cela implique? 20 Minutes fait le point.

Quels sont les tracés?

La ligne 12, qui s’arrête à l’arrêt Front Populaire (Saint-Denis) gagnera deux stations jusqu’à la mairie Aubervilliers. La ligne 14, qui a son terminus aujourd’hui à Saint-Lazare, sera prolongée de quatre stations jusqu’à la mairie de Saint-Ouen via un tunnel de 5,8km.

Pourquoi ces retards ?

«Les travaux de déviation sont très importants, des acquisitions de terrains ont pris plus de temps que prévus et on fait des travaux au pied des immeubles et des riverains, on ne va pas travailler la nuit», détaille Christian Galivel, directeur général adjoint à la RATP. Du classique pour des chantiers en zone urbaine dense. «Mais ces contraintes sont connues par les maîtres d’ouvrage et doivent être anticipées», estime Patrick Braouezec, président de la Plaine Commune, communauté d'agglomération qui bénéficiera de ces prolongements de lignes.

Qui sera impacté par ces retards ?

D’abord les usagers de la ligne 13 du métro. «La seule pleine à craquer un jour de semaine à 11h, déplore Annick Lepetit, député de Paris pour les 17e et 18e arrondissements. Le trafic est très encombré au nord, après la station Saint-Lazare. Le prolongement de la ligne 14 vise à désengorger de 20% cette ligne 13. C’est le premier objectif de cette extension.»

Ce nouveau tronçon doit aussi desservir de nouveaux quartiers de Paris, dont le futur éco-quartier Clichy-Batignolles. «Il accueillera 6.500 habitants et 12.700 emplois, reprend Annick Lepetit. Le quartier prend déjà vie, mais le gros des troupes est censé arriver fin 2017, ce qui collait au départ à la mise en service du nouveau tronçon de la ligne 14.»

En Seine-Saint-Denis aussi, on fait grise mine. Les prolongements des deux lignes visaient à désenclaver des villes de banlieue déshéritées. «Aubervilliers est la seule ville limitrophe de Paris à ne pas être actuellement desservie en son centre par une ligne de métro», rappelle Patrick Braouzec.

Est-ce que ces retards peuvent impacter la suite du Grand Paris express ?

Le Grand Paris express, c’est la construction de quatre lignes automatique autour de Paris (de la ligne 15 à la ligne 18) et l’extension de deux lignes existantes (la ligne 14 et la ligne 11) avec des mises en services annoncées à partir de 2017. L’extension nord de la ligne 14 est le premier acte du projet.

«Ces deux années de retard n’impactent pas la suite des travaux, assure la Société du Grand Paris, qui chapeaute le projet. Même pour la ligne 16 qui partira pourtant de la station Saint-Denis-Playel, terminus à terme de la ligne 14? «Les deux chantiers sont suffisamment espacés dans le temps pour éviter l’embouteillage», assure-t-on à la Société du Grand Paris qui chapeaute le projet.

 

 

 

Pourquoi la Seine-Saint-Denis s’inquiète?

Les dernières déclarations de Manuel Valls, le 12 octobre à Créteil, posent des questions. Le Premier ministre veut accélérer la construction de la desserte d'Orly par la ligne 14 et la future ligne 17 qui reliera le nord de la capitale à Roissy afin qu’elles soient achevées en 2024 et non plus en 2027. «Le tout avec le même budget, explique-t-on au cabinet de Stéphane Troussel, le président du conseil général de Seine-Saint-Denis. Très bien, mais nous veillerons à ce que la ligne 16, qui devait être construite avant et dont l’objectif est de désenclaver des villes de Seine-Saint-Denis, n’en paie pas le prix et soit un beau jour retardée comme c’est le cas aujourd’hui avec les prolongements nord des lignes 12 et 14.»