Corbeil-Essonnes: La sécurité renforcée après une attaque contre une école

FAITS DIVERS Les ministres de l'Education et de l'Intérieur sont attendus ce mardi matin dans cette ville où les drames similaires se multiplient...

Oihana Gabriel

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L'école Paradis le 20 octobre 2014 à Corbeil-Essonnes, au lendemain d'une attaque à la voiture-bélier
L'école Paradis le 20 octobre 2014 à Corbeil-Essonnes, au lendemain d'une attaque à la voiture-bélier — Lionel Bonaventure AFP

Trois faits divers similaires et une ambiance de plomb. Dans la nuit de dimanche à lundi une voiture volée a été projetée contre un groupe scolaire de Corbeil-Essonnes (Essonne). Au 11, rue du Paradis (au croisement avec rue de l’Enfer…), dans le centre-ville de Corbeil, la voiture bélier a ensuite été incendiée, détruisant une partie du centre aéré selon nos informations.

Et «deux individus ont pris la fuite en moto», précise une source proche de l’enquête. «Les pôles école maternelle et élémentaire sont intacts», précise la commissaire de Corbeil-Essonnes, Hanem Hamouda. Aucun blessé n’est à déplorer, mais la ville est le théâtre pour la troisième fois de vandalisme sur un bâtiment municipal. Dans la nuit du 5 au 6 octobre, une médiathèque et une école avaient été incendiées de la même manière dans le quartier sensible des Tarterêts.

Deux ministres se déplacent ce mardi

Une violence à répétition qui a fait réagir le gouvernement. Ce mardi matin, la ministre de l'Education Najat Vallaud Belkacem et le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve se rendront devant l'école. Dans un communiqué, les deux ministres «font part de leur indignation et expriment leur solidarité envers le corps enseignant, la communauté éducative et l’ensemble des habitants de Corbeil».

Cinquante agents mobilisés sur toute la ville

Sur place, la commissaire Hanem Hamouda reconnaît que les habitants expriment «un certain agacement et une inquiétude compréhensible». Et la police a mis en place, à la suite du nouveau drame de lundi, un renforcement de la sécurité. «Depuis le 6 octobre, nous avions sécurisé les bâtiments municipaux dont les écoles dans le quartier des Tarterêts, reprend la commissaire de la ville. Des précautions qui ont pu décourager les malfaiteurs à opérer dans un autre quartier. «Suite aux événements de ce lundi, nous avons élargi le périmètre. Des policiers départementaux, municipaux et des CRS, en tout 50 agents, feront une ronde autour de chaque bâtiment municipal dans toute la ville. Et ce jusqu’à nouvel ordre.»

Les enseignants, parents et associations déplorent la spirale de vengeance qui s’attaque aux écoles. Interrogée par l’AFP, une enseignante dans cette école primaire, Emilie Fournier, s'est désolée de «ce désastre». «C'est une affaire de grands qui se règle dans la cour de récréation», a-t-elle estimé. Début octobre, les habitants avaient appelé à une marche silencieuse pour que cessent ces incendies volontaires.

Le mode opératoire d’une extorsion de fonds

La police judiciaire de Versailles, en charge de l’enquête, n’a pour l'instant interpellé aucun des suspects ayant pris la fuite à moto. «En général, ils font en sorte que la moto ne réapparaisse jamais», détaille à 20 Minutes une source policiaire. Mais le bâtiment était équipé de caméras de surveillance. Dont les images sont exploitées en urgence. Mais pour le moment aucune hypothèse n’est privilégiée par la PJ.

«Si judiciairement rien n’étaye cette thèse, le mode opératoire n’est pas sans rappeler celui d’une extorsion de fonds, confie tout de même une source proche de l’enquête. Rien n’a été dérobé, ni à la médiathèque ni dans les écoles. Le but n’est pas de voler, mais de détruire. Si on fait une projection, c’est l’élu local qui est racketté…»