Seine-Saint-Denis: Mobilisation contre l'évacuation d'un des plus anciens camp de Roms

SOCIAL Des associations ont manifesté devant la préfecture contre l'évacuation d'un camp où vivent des familles roms dont certains enfants scolarisés...

20 Minutes avec AFP

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La Courneuve le 06 decembre 2011. Camp de roms. Intervention des forces de l'ordre et recencement de la population sur le camp et notification des OQTF Orde de quitter le territoire francais aux etrangers en situation irreguliere.
La Courneuve le 06 decembre 2011. Camp de roms. Intervention des forces de l'ordre et recencement de la population sur le camp et notification des OQTF Orde de quitter le territoire francais aux etrangers en situation irreguliere. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Des associations se sont mobilisées lundi contre l'évacuation, prévue mardi matin selon elles, d'un camp où vivent plusieurs dizaines de familles, avec une majorité d'enfants scolarisés, à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Rassemblées avec une quarantaine d'habitants du campement devant la préfecture du 93, ces organisations ont dénoncé l'évacuation «trop rapide» et faite «sans accompagnement» des Coquetiers, l'un des campements les plus anciens du département.

L'arrêté invoqué l'insalubrité des lieux

Les habitants «ne vont connaître qu'aujourd'hui l'endroit où ils vont devoir aller demain et ils devront avoir tout plié avant demain matin 6 heures», a regretté Véronique Decker, directrice de l'école primaire Marie-Curie, où sont scolarisés plusieurs enfants du campement. Contactée par l'AFP, la préfecture de Seine-Saint-Denis n'a pas confirmé la date de l'évacuation, qui fait suite à un arrêté municipal d'évacuation, invoquant l'insalubrité des lieux, pris en août par Stéphane De Paoli, nouveau maire UDI de Bobigny.

Selon les associations 90 % des enfants du camp sont scolarisés

«La date n'est pas arrêtée», a assuré Didier Leschi, préfet délégué pour l'Égalité des chances, qui assure néanmoins qu'une trentaine de familles se sont vues proposer lundi une solution de relogement. «Cela correspond au nombre de ménages présents au moment du diagnostic social réalisé en août», a t-il précisé. Sur ces trente familles, moins d'une dizaine, disposant de «revenus stables», ont obtenu un logement social dans le département, a détaillé Didier Leschi. Une dizaine d'autres, «présentant des difficultés financières», seront hébergées «dans un premier temps» à l'hôtel. Les familles restantes pourront être accueillies dans des foyers Adoma, situés hors Ile-de-France «faute de place» dans la région.

Une éventualité dénoncée par Geneviève Garrigos, présidente d'Amnesty France, présente au rassemblement organisé lundi matin. «Ces propositions de relogement ne doivent pas couper les parcours de scolarisation ou faire perdre leurs emplois à des personnes qui se voient obligées d'aller habiter à 150 kilomètres d'ici, alors qu'elles font tout pour s'intégrer», a-t-elle déclaré. «Attendons la fin de l'année scolaire avant de détruire le bidonville, le temps de s'assurer qu'il y ait des classes et des instits prêts à prendre les enfants en charge comme c'est le cas ici», a renchéri Andréa Caïzzi du collectif de soutien aux Roms et Bulgares de Bobigny. Selon les associations 90 % des enfants du camp sont scolarisés.