«Paris je t'aide»: Le site Internet qui vous fait bénévole pour quelques heures

ASSOCIATION S'engager sans contrainte. Voilà ce que chercheraient les bénévoles nouvelle génération. Pour aider les associations à les draguer, Nicolas Goudy a créé une plateforme web qui propose des missions ponctuelles dans votre quartier...

Fabrice Pouliquen

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Le site internet Paris je t'aide a recruté'une centaine de bénévoles lors du Microdon 2014, les 10 et 11 octobre dernier, opération pendant laquelle 200 associations  allait à la rencontre des Parisiens dans les supermarchés. Lancer le diaporama
Le site internet Paris je t'aide a recruté'une centaine de bénévoles lors du Microdon 2014, les 10 et 11 octobre dernier, opération pendant laquelle 200 associations allait à la rencontre des Parisiens dans les supermarchés. — F. Pouliquen / 20 Minutes

Seriez-vous capable de citer de tête quinze associations qui agissent dans votre quartier? Cette question, Nicolas Goudy l'a maintes fois posée dans son entourage. Assez pour se rendre compte que la liste s’érigeait avec peine et qu'y figuraient bien souvent les mêmes noms de grandes associations.

De ce constat, l'entrepreneur parisien de 27 ans a lancé «Paris je t'aide» en juin, un site Internet adapté au smartphone qui veut aider les associations à recruter. «En particulier les petites et moyennes. Celles qui le plus souvent ne fonctionnent qu'avec des bénévoles mais n'ont ni les ressources financières ni humaines pour communiquer.»

Pas de crise du bénévolat

Pourtant, Nicolas Goudy en est sûr: la main d'oeuvre est là, il suffit de la cueillir. France Bénévolat, qui met en relation bénévoles et associations, ne le contredit pas. «Il n'y a pas de crise du bénévolat en France, précise Sylvie Cornu, responsable communication de l'association. De 2010 à 2013, le nombre de bénévoles a grimpé de 14% en France, reprend Sylvie Cornu. Les jeunes et les actifs s'engagent plus. La part des 15-35 ans a augmenté de 19% sur ces trois années et celle des 35-64 de 31%.»

Mais les bénévoles ne s'impliqueraient plus comme avant. «L'engagement doit être flexible, avec le moins de contraintes possibles, observe Niocolas Goudy. C'est ainsi le bénévolat direct, sans forcément passer par une association, qui a le plus progressé ces dernières années. Cela va d'accompagner la petite dame de l'immeuble chez le médecin à aider son petit voisin à faire ses devoirs.»

Concert de rap ou grande vente des créateurs ?

Voilà la cible «Paris je t'aide»: les missions ponctuelles. «Le site reprend la carte de Paris, explique Nicolas Gaudy. Il suffit de s'inscrire et de se géolocaliser pour accéder à des missions d'associations de votre quartier.» Cette semaine, vous pourrez accueillir le public à une grande vente des créateurs, participer à l'organisation d'un concert de hip-hop ou prendre part à la grande collecte nationale de l'association le Rire médecin.

Entraides citoyennes aussi utilise la plateforme pour ses maraudes du samedi soir. «Il nous faut une vingtaine de bénévoles par soir, explique Sylvie Lhoste, présidente de l'association. Un ou deux viennent de «Paris je t'aide» chaque semaine. C'est un outil supplémentaire pour recruter.»

Pas l'affaire des associations ?

Mais le site de Nicolas Goudy ne résoudra pas tout. Car si les bénévoles cherchent l'engagement ponctuel, ce n'est pas forcément l'affaire des associations. «C'est le gros défi aujourd'hui: fidéliser les bénévoles, reprend Sylvie Lhoste. La moitié de l'équipe présente à une maraude ne revient pas la semaine suivante.» «Les associations ne peuvent non plus proposer toujours des missions ponctuelles, explique pour sa part Sylvie Cornu. Le plus souvent, elles ont besoin de gens fiables et qui connaissent bien l'action de l'association.»

Depuis son lancement, «Paris je t'aide» n'a toutefois jamais été en pénurie de missions. «Environ 260 ont été proposées depuis juin, observe Nicolas Goudy. Il y en a en moyenne une dizaine par semaine.» Pour le jeune entrepreneur, c'est autant d'occasions de mettre un premier pied dans le bénévolat. «Le bénévole testera peut-être une ou deux associations et, dans la troisième, il se sentira vraiment bien et s'engagera sur le long terme. Il faut voir «Paris je t'aide» comme un tremplin.»