VIDEO. Transilien: Des simulateurs de conduite pour parfaire la formation des conducteurs

TRANSPORT A Saint-Ouen, la SNCF a installé son centre de simulateurs dédiés au Transilien. Un petit paradis pour les amateurs de jeux vidéos, mais le but ici est des plus sérieux …

Fabrice Pouliquen

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Lionel Desbois, formateur de conducteur de Francilien ‡ la SNCF, en plein exercice au Centre simulateurs de conduite de transilien de Saint-Ouen, le 16 octobre 2014.
Lionel Desbois, formateur de conducteur de Francilien ‡ la SNCF, en plein exercice au Centre simulateurs de conduite de transilien de Saint-Ouen, le 16 octobre 2014. — F. Pouliquen / 20 Minutes

Les vérifications d’usage sont faîtes. Les freins fonctionnent, tout comme le système d’alerte qui veille à la moindre défaillance du conducteur.  «Je ferme les portes, j’allume la radio de service et on va pouvoir partir», lance Lionel Desbois, formateur des conducteurs de la SNCF sur le Francilien, le train de banlieue d'Île-de-France.

Nous voilà Gare de l’Est dans la cabine de pilotage d’un transilien de la ligne P en route pour Meaux. Enfin ça, c’est en théorie. Pour être franc, la scène se passe au Centre Simulateurs de conduite de transilien de Saint-Ouen, un site qu’on atteint après une longue marche en longeant la voie ferrée.


Cinq sites de simulation

C’est là que les conducteurs de trains de banlieue parisiens viennent apprendre leur métier et se mettre à la page des dernières réglementations et des nouvelles technologies. En  Île-de-France, la SNCF dispose de quatre autres sites de simulation, à Paris Nord, Paris Austerlitz, à Noisy-le-Sec et à Asnières. «Le centre de Saint-Ouen est le plus important et coordonne l’ensemble, précise Thierry Grimal, responsable des simulateurs dédiés au Transilien. Près de 3.000 conducteurs y sont passés depuis l’ouverture du site en décembre 2009».

C’est l’un des atouts de la simulation: former plus de conducteurs et ceci plus rapidement. Le site de Saint-Ouen est doté de huit cabines individualisées de simulation, d’une réplique d’une NAT, ces rames automotrices de dernière génération déployées en Île-de-France ces dernières années, et de salles de contrôle où les formateurs observent en direct les exercices.

360 kms  de voies numérisés

Le passionné de jeux vidéos y verra un petit paradis. «Mais le but ici est des plus sérieux», rappelle Thierry Grimal. Un coup d’œil dans les cabines suffit pour s’en rendre compte. «Tout est fait pour plonger au mieux le conducteur dans les conditions du réel», poursuit le directeur. Le bouton d’arrêt d’urgence, le levier d’accélérateur, le contrôle de la fermeture des portes… Rien ne manque au tableau de bord de ces simulateurs.

Les images qui défilent sur le grand écran ne sont pas non plus le fruit du hasard. 360 kms de lignes de chemins de fer du réseau francilien ont été numérisés. Les postes d’aiguillage, l’entrée dans les gares, le dénivelé de la voie et la signalisation ont été reproduits avec minutie. «Tout comme des édifices marquants le long de nos lignes et qui servent de points de repères aux conducteurs, précise Joël Tissidre, l’un des formateurs du centre. Dans ce décor, on peut confronter le conducteur à tout type d’incidents. «De l’arbre qui se couche sur la voie à la présence de passagers sur les rails», poursuit Joël Tissidre.

Travailler les gestes du quotidien

Mais plus que les incidents extraordinaires, c’est sur la routine qu’on travaille d’abord au centre de Saint-Ouen. Un vrai défi en Île-de-France où la densité du trafic empêche tout relâchement. «Il n’y a que 3 ou 4 kilomètres entre les gares du RER C et on dit  qu’un train arrive ou part de la gare Saint-Lazare toutes les 28 secondes», illustre Thierry Grimal. Les situations de stress sont multiples. Le simulateur permet de les travailler en prenant du recul. «On peaufine les gestes du quotidien», résume le directeur du site. Pas du sensationnel donc.  Mais Thierry Grimal avait prévenu: «ces simulateurs n’ont rien d’un jeu».