Moudjahidines: la tension persiste

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Police en alerte, nouvelle perquisition et manifestations de protestations. Au lendemain des immolations liées à la vaste opération de police menée contre l’Organisation des Moudjahidines du peuple iranien (OMPI) en région parisienne, la tension était encore à son comble, hier. L’une des trois personnes qui s’était embrasée à Paris est décédée, hier, alors que l’état de santé des deux autres inspirait toujours de l’inquiétude. Sur les 165 personnes interpellées mardi, 22 étaient toujours interrogés, hier, dans les locaux de la DST (contre-espionnage). Parmi eux, l’épouse du chef de l’OMPI, Maryam Radjavi. Sa garde à vue doit s’achever demain matin. Les Moudjahidines ont accusé, hier, la France de négocier son expulsion avec Téhéran. Quelque 180 sympathisants du mouvement ont par ailleurs été arrêtés, entre mercredi et jeudi soir, à Paris aux abords des locaux de la DST. Un secteur placé sous haute surveillance après l’interdiction du préfet de police de tout rassemblement de l’OMPI. Il a également proscrit la vente de produits très inflammables dans le centre de Paris. D’importantes forces de l’ordre ont été déployées à Auvers-sur-Oise, aux abords du siège européen de l’organisation, où la police a mené une nouvelle perquisition pour « complément de recherche ». Une vingtaine d’Iraniens ont entamé sur place une grève de la faim pour réclamer la libération de Maryam Radjavi. Celle-ci a appelé ses partisans à ne pas s’immoler par le feu, « sinon je serai encore plus peinée et fâchée », a-t-elle fait savoir dans un message. Elle n’a pas été entendue par tous. A Berne et à Rome, trois autres désespérés se sont sacrifiés de cette façon. V. C.

intérêt Dans une interview accordée au Monde, le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin a justifié l’opération de police par « l’intérêt national » dans « une période d’agitation des milieux terroristes mondiaux ».