Paris: Quand une classe invente un sous-marin pour explorer le canal de l’Ourcq

EDUCATION Un instituteur dans le 19e arrondissement, encadré par des chercheurs, mène ce projet scientifique pendant le temps périscolaire…

Oihana Gabriel

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Paris, le 10 octobre 2014, Reportage dans un atelier périscolaire des Savanturiers dans une Ècole primaire du 19e arrondissement
Paris, le 10 octobre 2014, Reportage dans un atelier périscolaire des Savanturiers dans une Ècole primaire du 19e arrondissement — O. Gabriel / 20 Minutes

Vendredi, école élémentaire du 17 rue de Tanger (19e), 15h, Lilia, Jérémie, Alice et leurs camarades de CM1 et de CM2 sortent leur cahier de chercheur. Car dans l’atelier périscolaire en lien avec les Savanturiers, programme éducatif, une quinzaine d’élèves découvre la démarche scientifique. Avec comme objectif ambitieux de construire d’ici juin un sous-marin pour explorer le canal de l’Ourcq. «J’avais envie de monter un projet concret, explique Aurélien Brendel, instituteur qui anime également cet atelier périscolaire avec les Savanturiers. J’ai pensé à Cousteau, au Titanic et à montrer aux enfants qu’il y a des choses très intéressantes près de chez eux.»

«Cette année pour la première fois ce ne sont pas seulement les étudiants et chercheurs en sciences qui interviennent pendant le temps périscolaire, mais dans un tiers des projets, les enseignants, accompagnés, mènent les expérimentations», explique Ange Ansour, directrice des Savanturiers.

Observer au microscope le prélèvement

Dans un premier temps, les élèves découvrent l’environnement dans lequel évoluera ce robot. Est-ce qu’il y a des animaux dans le canal? Quelle est sa profondeur? La température de l’eau? Après les interrogations, place à l’expérimentation. Les apprentis chercheurs ont prélevé de l’eau du canal et observé sa transformation. «Il y a des champignons dans l’eau, pas de champignons de Paris ou des girolles», s’amuse Aurélien Brendel.

Ce vendredi, ils observent avec un microscope les dépôts jaune-vert apparus dans l’eau. Première étape: avec une pipette, ils prélèvent une goutte d’eau, pour ensuite l’écraser entre deux lamelles. «Ah mais c’est dégueulasse!» s’exclame Alice, scotchée au microscope.

 

Un chercheur accompagne le travail de ces apprentis

Pour Ryan, les images ressemblent à des rails, pour Alice à de petites échelles. Chacun dessine ce qu’il a découvert et émet une hypothèse sur la nature des résidus. Rassemblés autour de l’animateur devant l’ordinateur, les élèves écrivent ensuite un email au chercheur qui parraine leur projet. «Nous avons gardé un échantillon de l’eau de la Seine…», commence Ryan. «Non, du canal de l’Ourcq!» l’interrompent en chœur ses camarades. Car précision et rigueur sont de mise. Et les apprentis de demander à un bactériologiste d’Eau de Paris la nature des prélèvements pris en photo grâce à un microscope. Des cheveux, une toile d’araignée, des larves, des algues? Chacun y va de son hypothèse.

L’investigation comme méthode d’apprentissage

«Peut-être que le chercheur ne saura pas, on peut être scientifique et ne pas tout connaître», précise Aurélien. Qui valorise beaucoup la démarche d’investigation comme méthode d’apprentissage. «C’est important de tâtonner et de travailler sur l’erreur. De comprendre que même s’ils se trompent, ils ont avancé. Toutes les études montrent que les élèves français ont peur de l’erreur.»

Et les primaires apprennent aussi à communiquer sur leurs découvertes grâce à un profil twitter. «C’est un fil conducteur et une trace collective pour des groupes amenés à évoluer chaque trimestre», reprend Aurélien.

Fête de la science

Jusqu'au 19 octobre, la fête de la science fait découvrir aux jeunes et aux moins jeunes les métiers, recherches au cours d'animations gratuites. Selon une étude de septembre 2014 du CSA, 65% des jeunes interrogés trouvent les cours de science intéressant mais seulement 33% envisagent d’exercer un métier scientifique.