Scout toujours en bas des tours

BANLIEUE Pas de feu de camp à l'horizon. Pas de bermuda. Et encore moins de forêt. Au milieu de la cité des Quatre Tours du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), ce sont pourtant bien des scouts de France qui ont planté leur drapeau et animent une « bataille spat...

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Pas de feu de camp à l'horizon. Pas de bermuda. Et encore moins de forêt. Au milieu de la cité des Quatre Tours du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), ce sont pourtant bien des scouts de France qui ont planté leur drapeau et animent une « bataille spatiale » au milieu d'une vingtaine d'enfants âgés de 7 à 14 ans. « A l'attaque ! », crient les foulards jaunes qui se ruent sur les verts.Les scouts, qui fêtent cette année leurs 100 ans, changent de terrain mais pas de valeurs. « On donne un cadre. On n'accepte ni les insultes ni les bagarres », explique Julien, qui supervise les quinze quartiers de la région investis par le mouvement. « Ça change du foot, dit Nicolas, 14 ans, entre deux courses. Et puis d'habitude, il y a plein de petits groupes. Là, on joue ensemble. Et ça nous évite de faire des conneries. »Le quartier a été choisi car il est populaire sans être trop tendu. Et parce qu'il n'y avait pas grand-chose à y faire. « On a aussi envie d'aller en forêt », dit le petit Moussa. C'est prévu. Un camp sera organisé à Pâques. Séverin, un volontaire, passe plusieurs jours par semaine dans la cité pour convaincre les familles. « J'avais peur qu'on me reproche d'être de Paris. En fait, il y a une vraie demande. » Jérémy, animateur de 16 ans, habite, lui, le quartier. « Les scouts, pour moi, c'était catholique alors que je suis musulman. Mais maintenant, je le vois comme une étape vers le Bafa, qui me permettra de gagner de l'argent. » Julien explique : « A la base, la culture du bénévolat n'existe pas dans ces quartiers. » Ce qui ne l'empêche pas d'espérer qu'à terme une dizaine de jeunes de la cité deviennent de « vrais scouts ».

Michaël Hajdenberg