Métropole du Grand Paris: La grogne des départements de petite couronne

POLITIQUE Des élus franciliens montent au front, alors que les trois départements de petite couronne risquent d’être engloutis par la Métropole du Grand Paris en cours de définition…

Oihana Gabriel

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Le 29 juin 2011. Premiere soudure de rail du tramway  a Rungis en presence de Jean-paul Huchon, Daniel Canepa, prefet de la region Ile de france, Christian Favier, president du conseil regional d'ile de France, Jerome Guedj, President du conseil general de l'essonne, Pierre Mongin, PDG de la RATP et Francois Garcia, Maire d'Athis-Mons. // V. WARTNER / 20 MINUTES
Le 29 juin 2011. Premiere soudure de rail du tramway a Rungis en presence de Jean-paul Huchon, Daniel Canepa, prefet de la region Ile de france, Christian Favier, president du conseil regional d'ile de France, Jerome Guedj, President du conseil general de l'essonne, Pierre Mongin, PDG de la RATP et Francois Garcia, Maire d'Athis-Mons. // V. WARTNER / 20 MINUTES — V. WARTNER / 20 MINUTES

«Une usine à gaz incompréhensible pour nos concitoyens et une atteinte portée à l’égalité d’accès aux services publics». Voilà comment Christian Favier, président communiste du Val-de-Marne résume le projet du gouvernement de supprimer les départements sur l’autel de la rigueur.

Ceux de la petite couronne francilienne sont doublement menacés: en janvier 2016, la Métropole du Grand Paris devrait englober ces collectivités. Selon le Medef Ile-de-France, la suppression des quatre départements compris dans la Métropole permettrait de réaliser 780 millions d’économies par an. Mais le périmètre de la future Métropole est en cours de définition et au cœur d’une bataille entre élus locaux et gouvernement.

Un scénario consensuel pour le 8 octobre

Les 226 élus franciliens siégeant à la Mission de préfiguration de la Métropole du Grand Paris se sont mis d’accord mardi dernier… pour retravailler la copie et aboutir à un scenario consensuel à rendre le 8 octobre au Premier ministre. Les débats s’orienteraient vers un partage des compétences et de la fiscalité entre une métropole moins puissante que prévu et les collectivités locales. Au risque d’accoucher d’une coquille vide.

«Cette recentralisation est une folie»

«Il faut une simplification de la technocratie, pas de la démocratie, plaide Patrick Devedjian, député et président UMP des Hauts-de-Seine. Selon lui, «95% des élus franciliens souhaitent que les compétences de proximité soient traitées à l'échelon local. La métropole doit gérer des compétences stratégiques: transport, voierie, aménagement fluvial, aéroports et grands projets d’aménagement du territoire.»

Si le département disparaît, la région est censée reprendre la gestion des collèges et de la voierie. «Cette recentralisation est une folie, tranche Patrick Devedjian. Avant la loi de décentralisation de 1982, l’Etat n’arrivait pas à tout gérer. On va vers un réel blocage des administrations. Comment la région Ile-de-France pourra-t-elle absorber la gestion de 800 collèges et les services de voierie des huit départements en deux ans?»

La décision reviendra au Premier Ministre

Avec l’objectif d’éviter les doublons et de faire des économies. «Le débat sur le millefeuille est mal posé, nuance Patrick Devedjian. Toutes les démocraties européennes ont autant d’étages que la France mais la vraie différence, c’est que tout le monde ne fait pas tout.»

Dans son récent livre baptisé Coup d’état contre les départements, Christian Favier défend au contraire cette possibilité pour les assemblées de sortir de leurs compétences. «En Val-de-Marne, si nous n’avions pas disposé de ce principe, jamais nous n’aurions pu développer les crèches départementales, les parcs départementaux, jamais nous n’aurions pu nous mobiliser autour d’Orbival pour obtenir ce métro de banlieue à banlieue. [Grand Paris Express, ndlr]»

Lui veut faire le pari du local pour redonner espoir aux électeurs. «Au lieu d’étrangler financièrement les collectivités locales et de dévitaliser progressivement leur action, le gouvernement ferait bien mieux de s’appuyer sur l’intelligence territoriale pour contribuer à faire reculer la crise dans laquelle notre pays s’enfonce».

Le couperet devrait tomber le 13 octobre, date à laquelle Manuel Valls a prévu de s’exprimer sur le Grand Paris.