Budget de Paris: Deux mois pour trouver 400 millions d'euros

FINANCES Anne Hidalgo en avait fait l'annonce au printemps dernier. Mais alors que s'ouvre le conseil de Paris, ce lundi, le problème reste entier...

Fabrice Pouliquen

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Il manque 400 millions d'euros à la mairie de Paris pour boucler son budget 2015. Un défi de taille pour Anne Hidalgo.
Il manque 400 millions d'euros à la mairie de Paris pour boucler son budget 2015. Un défi de taille pour Anne Hidalgo. — EMMANUEL DUNAND / AFP

Quatre cents millions d’euros, c’est une jolie somme. C’est aussi le trou que doit combler la mairie de Paris dans son budget 2015 avant de le soumettre au vote en décembre prochain. Comment faire? Ne vous attendez pas à une réponse ce lundi, jour d’ouverture du Conseil de Paris. «Il y aura bien un débat d’orientation budgétaire comme la loi l’impose, mais plus tard en octobre, indique Bruno Julliard, premier adjoint à la ville de Paris. Le vote du budget, lui, est prévu en décembre.»

Mais le sujet alimente déjà l’essentiel des conversations et prises de position des élus de Paris. C’est que le temps presse et la situation semble avoir peu évolué depuis le printemps dernier, lorsqu’Anne Hidalgo évoquait pour la première fois ces 400 millions d’euros à trouver. 

«Nous n’avons pas encore tous les éléments à notre disposition, explique Bruno Julliard. Nous ne connaissons pas l’ampleur de la péréquation (système de redistribution des impôts entre les collectivités territoriales pour réduire les richesses), ni l’ampleur de la baisse des dotations de l’Etat, ni encore si on pourra compter ou non sur une hausse de la taxe de séjour. Les discussions sont encore en cours avec l’Etat.»

Un objectif de 130 millions d’euros à économiser

En revanche, la mairie peut déjà plancher sur la baisse de son train de vie. «Les réunions se multiplient sur ce sujet à la mairie et les adjoints ont tous la main dans le cambouis pour traquer les réductions de dépenses», assure Bruno Juliard. Selon plusieurs élus, l’objectif fixé serait de 130 millions d’euros d’économies à réaliser. «Cela ne se fera pas au détriment des subventions, de création d’emplois et des investissements nécessaires comme les crèches», promet Bruno Julliard.

Des élus en doutent toutefois. «Ma grande inquiétude est de voir les subventions aux associations baisser, note Nicolas Bonnet, président des élus communistes et Front de Gauche au Conseil de Paris. Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP), chef de l’opposition au Conseil de Paris, prend également l’exemple de la Philharmonie de Paris. «La ville avait promis d’attribuer 9 millions d’euros dans le budget de fonctionnement annuel de la future salle de musique. A quelques mois de l’ouverture [mi-janvier], elle remet en cause cette subvention et met en danger ce projet comme les employés de cette salle.»

«L’urgence de nouvelles taxes à trouver»

Pour Nicolas Bonnet, dans ce contexte, «il est devenu urgent de trouver de nouvelles recettes. Avant même de parler de réduction des dépenses.» Son groupe soumet d’ailleurs une délibération à ce sujet au Conseil de Paris qui s’ouvre aujourd’hui. «Nous demandons une revalorisation de la taxe sur les Droits de mutations (DMTO) payés lors de l’acquisition d’un bien immobilier. 90% des communes ont augmenté cette taxe ces dernières années, mais pas Paris.  On pourrait dégager 130 millions d’euros d’économie.» Le groupe de Nicolas Bonnet penche aussi pour la revalorisation des taxes sur les logements et bureaux vides ou encore sur les résidences secondaires.  

Les élus d’Europe Ecologie - Les verts prônent aussi la recherche de nouvelles recettes et «plaident en faveur d’une augmentation du prix des PV de stationnement», indique Le Parisien. «A voir, répond Bruno Julliard. Mais Anne Hidalgo restera fidèle à son engagement de campagne de ne pas augmenter les impôts des Parisiens. La hausse de la taxe sur la DMTO n’est ainsi pas une option privilégiée.» 

Conseil de Paris: Le règlement intérieur modernisé

Long, complexe, ennuyant… Voilà autant de qualificatifs qui sont souvent associés à un conseil municipal. A Paris, un nouveau règlement intérieur entre toutefois en vigueur et affiche comme ambition de favoriser la participation citoyenne et le débat démocratique. Le temps de parole des adjoints à la maire sera désormais encadré. Ils auront cinq minutes pour répondre à un projet de délibération et deux minutes pour un veux.

Les Parisiens pourront aussi plus facilement soumettre une demande particulière à l’ordre du jour des Parisiens. Il leur suffira alors de réunir 5.000 signatures via une e-petition sur le sujet en question. Et non plus 18.000 comme par le passé